QUI aurait imaginé, un jour ou l’autre, que Monastir, la fierté médicale nationale, toutes spécialités confondues, à l’époque bourguibienne et aussi sous l’ère du président défunt Ben Ali, l’un des pôles médicaux les plus performants dans les régions arabe, méditerranéenne et africaine et La Mecque des étudiants arabes et africains qui venaient se perfectionner dans les différentes spécialités médicales et exercer leur talent dans son hôpital universitaire avant de regagner leurs pays et y assurer les plus hautes fonctions dans le secteur de la santé et de la médecine, se transformerait, de nos jours, dix ans après la révolution, en une ville sinistrée où son hôpital universitaire se trouve dans l’incapacité d’accueillir les citoyens de la région contaminés par le Covid-19 et où les médecins et le personnel médical y exerçant lancent quotidiennement des appels de détresse implorant les autorités compétentes d’intervenir immédiatement avant que la pandémie ne devienne impossible à circonscrire, ou du moins arrêter ses retombées les plus catastrophiques.

Les Tunisiens se posent aujourd’hui la question et attendent une réponse qui leur apporterait un brin d’espoir à la lumière des développements inquiétants que le Covid-19 enregistre sur un rythme de plus en plus effréné, pour ce qui est de l’augmentation régulière du nombre de contaminés et de morts et aussi pour ce qui est de l’absence de conditions idoines de l’hospitalisation des malades et de leur accueil dans les hôpitaux ou les services aménagés spécialement afin de leur offrir les soins appropriés.

Et même s’il faut reconnaître que la mobilisation antivirus au niveau du ministère de la Santé et des structures qui en relèvent est toujours de mise, en dépit de la modestie des moyens, surtout financiers, mis à la disposition des médecins et des agents paramédicaux, et même si la campagne d’information et de sensibilisation à l’intention des citoyens a repris de plus belle dans l’objectif de les inciter de nouveau à respecter scrupuleusement les conditions sanitaires à même de limiter au maximum la propagation du virus, il reste toutefois beaucoup à faire dans le sens de convaincre les citoyens qu’il leur faut admettre qu’ils sont obligés de s’adapter aux exigences de la nouvelle étape dans laquelle la pandémie est entrée, une étape qui nous pousse à accepter de vivre avec l’idée que le virus est toujours présent dans notre vie et qu’il nous est possible de l’accompagner tout en évitant de subir, au maximum, ses retombées négatives.

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