Dans moins d’un mois, le festival du film d’El Gouna aura lieu en Egypte. Il s’agit du premier festival du film arabe qui « reprend du service » après la crise du Covid-19. Entretien avec son directeur artistique.   

Le Film «L’homme qui a vendu son dos» de Kaouther Ben Hania est passé par Cine Gouna Plateforme où  il a obtenu le soutien financier grâce à cette initiative. Le festival devient un laboratoire pour découvrir de nouveaux talents. Quel est votre sentiment ? 

On est vraiment fier de l’influence du Cinegouna sur les projets arabes depuis sa première édition : les films sélectionnés et primés dans la plateforme ont représenté le cinéma arabe dans les plus grands festivals : Yomeddine à Cannes, « Counting tiles » de Mounia Akl à Rotterdam et « 200 mètres » à Venise cette année et finalement notre coup de cœur : « L’homme qui a vendu sa peau ». On est spécialement fier de Kaouthar Ben Hania qui a eu le soutien du Cinegouna pour ce film ainsi que le prix du court métrage dans la même année. C’est comme un fils du festival qui a grandi et qui vole de ses propres ailes à travers le monde, j’ai presque eu les larmes aux yeux avec le prix du meilleur acteur qu’il a eu à Venise. On attend avec impatience sa projection à El Gouna, dans un mois.

Le festival va avoir lieu bientôt. A cause du Covid-19, la production a enregistré une baisse et un retard. Est-ce que cela influencera sur la programmation et le choix des films ?

On ne peut pas nier que c’est une édition difficile, pourtant je ne pense pas que cela influencera la programmation, je suis autant fier des films de cette année que ceux de l’année dernière. Et avec l’annonce des prix « giornati di autori » à Venise, on a découvert que les 3 films primés font partie de notre sélection GFF depuis deux mois. Il en est ainsi pour les autres  prix des autres sections de Venise: Je pense que le logo El Gouna, cette année aussi, désignerait une sélection assez spéciale.

Que vous a apporté El Gouna film festival sur le plan de votre expérience personnelle ?     

Disons que les festivals je n’y pensais pas avant,. Durant ma carrière j’ai participé à plus de 100 festivals avec mes films et je n’ai jamais inscrit mes films dans un seul festival. C’était un succès par hasard. Là, je pense que j’ai appris comment ce monde fonctionne : comment créer une vie pour un film à travers les festivals (pour être honnête : pour moi mon film mourrait quand je le termine, là j’ai découvert une toute autre vie pour les films.

Propos recueillis par Salem Trabelsi

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