Les crimes odieux et barbares survenus, récemment, à Mhamdia et à La Soukra ont choqué l’opinion publique. Et les images-chocs des victimes gisant dans leur sang ont fini par enflammer la Toile et diviser les citoyens en deux camps.

Très bientôt, on célèbrera la Journée mondiale contre la peine de mort, décrétée ainsi depuis le 10 octobre 2002. Et chaque année, abolitionnistes et droits-de-l’hommiste, sous nos cieux et ailleurs, reviennent à la charge, marchant pour défendre le droit à la vie. Ils demandent à ce que cette peine capitale soit complètement abolie, dans la mesure où son moratoire de fait engagé conformément aux protocoles internationaux est dûment respecté. Cela dit, plus jamais de telles exécutions inhumaines, comme ce fut le cas jusqu’à 1991. Mais, la loi le régissant existe encore, sans être ni appliquée ni carrément abrogée du code pénal. Paradoxe juridique ou fiasco politique ? toujours. Il y a toujours des pour et des contre. 

Face à la montée exponentielle des crimes et des violences, faute d’une justice répressive, l’on ne sait plus à quel saint se vouer. Au grand jour, malfaiteurs et braqueurs courent toujours, dans l’impunité, faisant ce que bon leur semble. Les citoyens éprouvent de l’angoisse et de l’insécurité. D’aucuns en ont fait ainsi part, agissant en ordre de bataille pour dire oui à la peine de mort. Leurs appels à l’application de la loi ont débordé, ces jours-ci, les réseaux sociaux, faisant débat dans l’espace public. Ce qui se passe dans nos rues ne laisse personne indifférent. Des crimes de trop et des victimes partout ont défrayé la chronique. Certes, nul ne peut y croire, ni réaliser l’ampleur de telle horreur. Où va-t-on ? Où sont les lois ?, s’étonnent des internautes. Les crimes odieux et barbares survenus, récemment, à Mhamdia et à La Soukra ont choqué l’opinion publique. De quoi un plaidoyer facebookien en faveur la peine de mort  semble avoir tiré sa juste valeur. Et les images-chocs des victimes gisant dans leur sang ont fini par enflammer la Toile et diviser les citoyens en deux camps. Celui qui se pose en fervent défenseur des droits de l’homme y voit injuste et contre nature, mais aussi une violation des droits humains les plus élémentaires. L’autre, étant aux antipodes, considère cette peine comme corollaire judiciaire et défend son caractère répressif.

Deux camps, une seule fin !

Tiraillé entre les deux, le gouvernement tunisien s’est trouvé dans l’embarras. Voire dans une certaine logique de jurisprudence si complexe et compliquée. Du reste, l’accusé est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, dit-on en droit. Entre-temps, le débat sur une telle question refait surface, sur fond de déclarations et contre-déclarations. De son côté, la Coalition tunisienne contre la peine de mort (Ctcpm), collectif associatif né depuis 2007, n’a pas fini d’argumenter ses tendances abolitionnistes : «La peine de mort est une violation des droits humains. Irréversible, elle ne garantit pas une meilleure sécurité pour tous, d’autant plus qu’il n’a jamais été prouvé, de manière concluante, qu’elle avait un effet dissuasif. C’est en ce sens que nous sommes convaincus qu’elle devrait être abolie…». En 2017, elle avait, vainement, interpellé feu Beji Caïd Essebsi, ancien président de la République, pour donner suite à leur demande. Mais, ces abolitionnistes ne vont pas lâcher prise. A mesure que l’on repose la même question, ils reviennent à la charge.

A l’opposé, un autre camp clamant l’application de la peine capitale. Et là, le même raisonnement que celui adopté par les «abolitionnistes» sous-tend sa position : le droit à la vie est un droit universellement irrévocable. On ne peut pas en priver qui que ce soit. Pourquoi, alors, laisse-t-on des criminels meurtriers en jouir librement ? Est-il judicieux de pardonner pareils crimes odieux qui ne font que tolérer l’impunité et outrager la société ? Comment juger ces homicides ? Qu’en est-il des autres peines substitutives ? La campagne lancée, il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, vise un seul objectif : que la peine de mort soit appliquée. Autant dire, rendre justice aux victimes et à leurs familles.

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