D’après le baromètre 2019 publié par EY, «il est capital de considérer la succession non comme une fin en soi mais comme un processus qui devrait permettre de définir l’agenda et la liste des candidats éligibles à la succession, créer un plan de succession d’urgence, préparer les actionnaires à la succession».

«Votre entreprise a-t-elle défini un processus et des modalités de succession? Quel scénario d’évolution envisagez-vous pour votre entreprise? Les futurs gestionnaires de l’entreprise familiale  ont-ils intégré l’entreprise? Quel est leur niveau managérial? Quel statut ont-ils aujourd’hui? Comptent-ils intégrer l’entreprise? Autant d’interrogations posées dans la sixième édition du baromètre 2019 des entreprises tunisiennes publié par EY Tunisie, dans un chapitre consacré à la succession et transmission de l’entreprise familiale.

Les statistiques ont montré que 47% des chefs d’entreprises familiales n’ont jamais ou vaguement évoqué un plan de succession, ce chiffre concerne seulement 21% pour les grandes entreprises familiales dont l’effectif est supérieur à 200 employés.

Pour M.Hichem Elloumi, P-.d.g. Coficab, «ce qui est très important au niveau de la succession de la nouvelle génération, c’est la transmission de l’ADN des valeurs du groupe, c’est ce qui va permettre la croissance et la pérennité de l’entreprise familale».

Du point de vue de M.Sami Zaoui, associé EY consulting, «qui dit bien traiter la problématique de la succession, dit assurer la pérennité et la performance de l’entreprise familiale pour le bénéfice de toutes les parties prenantes».

Parmi les chefs d’entreprises familiales éligibles à la problématique de la succession, le baromètre indique que 36% ne savent pas encore quel scénario choisir pour la succession, 22% optent pour la transmission intergénérationnelle avec une reprise capitalistique et managériale dans le cadre familial, 19% préfèrent changer de structure juridique, de gouvernance et de modèle opérationnel, mais avec un maintien de la majorité capitalistique de la famille. De même, 17% optent pour la cession capitalistique via un fonds d’investissement ou une introduction en Bourse et 13% optent pour le rachat par les tierces personnes physiques ou morales.

Manque de préparation 

«Il y a eu sur la place une multitude d’opérations de succession ratées par manque de préparation», précise M.Anis Laadhar, associé transaction Advisory services.

Selon la même source, 97% des entreprises familiales qui n’ont pas défini de politiques de succession ne survivent pas au-delà de la troisième génération. «Le sujet doit donc régulièrement figurer à l’ordre du jour des Conseils d’administration, pourtant il est souvent délaissé par un grand nombre d’entreprises familiales».

Par contre, et à l’échelle mondiale, les chefs d’entreprises familiales ont clairement identifié et désigné les personnes en charge de la succession. Ce choix implique qu’ils aient anticipé en amont les processus à mettre en place pour assurer une transition de gouvernance fluide.

Processus et non une fin 

D’après le baromètre, «il est capital de considérer la succession non comme une fin en soi mais comme un processus qui devrait permettre de définir l’agenda et la liste des candidats éligibles à la succession, créer un plan de succession d’urgence, préparer les actionnaires à la succession». Il s’agit également de mettre en place des mesures nécessaires pour préparer l’entreprise à accueillir un nouveau successeur (investissements, développement du top management…etc.), d’établir un plan de départ pour l’actuel PDG  et de nouer des liens entre les successeurs, la famille dirigeante et l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. 

D’un autre côté, l’enquête insiste sur la nécessité de prendre du temps pour préparer la génération suivante à la gouvernance de l’entreprise.

Concernant les membres de la prochaine génération, 47% comptent rejoindre l’entreprise familiale avec des niveaux managériaux différents. 32% des membres de la prochaine génération qui n’ont pas intégrée leurs entreprises familiales sont aujourd’hui des employés, 18% des entrepreneurs ou des créateurs 32% des étudiants.

Le baromètre 2019 des entreprises en Tunisie a fait ressortir que 53% des membres de la prochaine génération des entreprises familiales sondées ne comptent pas intégrer l’entreprise familiale. 

 

 

(Photo : ©Olga Oginskaya de Pixabay)

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