Certains avocats doutent d’une décision favorable à la Tunisie en raison de certaines erreurs commises après la révolution, comme le saccage des maisons des Trabelsi le 14 janvier, dont celle de Belhassen, et le décès de Moncef Trabelsi en prison en avril 2013 après avoir été victime d’une attaque cérébrale

De cavale en cavale, Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali, est toujours dans le collimateur de la justice tunisienne qui le traque depuis sa fuite du pays après la chute de l’ancien régime afin d’obtenir son extradition en raison de son inculpation dans plusieurs affaires de corruption. En mars dernier, il a été interpellé à Marseille par les juridictions interrégionales spécialisées en matière de lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière dans des affaires présentant une grande complexité. Après sa mise en détention provisoire, ses avocats  ont pu obtenir sa libération provisoire mais il reste sous contrôle judiciaire et ne pourra  pas quitter le territoire français.

Suite à cette arrestation, la Tunisie a engagé une procédure d’extradition à l’encontre de Belhassen Trabelsi et une audience a déjà été fixée pour le 19 juin prochain, mais la bataille juridique n’est pas gagnée d’avance, nonobstant les acquis de la Tunisie en matière de respect des droits de l’Homme après la révolution et la garantie d’un procès équitable pour l’homme d’affaires en question. Certains avocats doutent d’une décision favorable à la Tunisie en raison de certaines erreurs commises après la révolution comme  le saccage des maisons des Trabelsi le 14 janvier, dont celle de Belhassen, et le décès de Moncef Trabelsi en prison en avril 2013 après avoir été victime d’une attaque cérébrale.

Il est impossible de réunir les conditions d’un procès juste et équitable, avancent d’autres avocats, et le scénario du refus d’extrader l’ancienne présidente de l’Association des mères tunisiennes et la très proche de l’ancien président, Saïda Agrebi, par la Turquie tout d’abord puis par la France, risque  de se répéter pour Belhassen Trabelsi. La possibilité de recours à plusieurs procédures juridiques pourrait aussi empêcher son extradition.

Des suppléments d’informations seront demandés par l’équipe de défense de l’homme d’affaires en fuite « parce qu’une demande d’extradition, ce n’est pas une auberge espagnole dans laquelle on sert tous les plats qu’on veut bien y mettre. Sur chaque dossier transmis par la Tunisie, nous avons des réponses très précises et très concrètes », a déclaré dernièrement  maître Marcel Ceccaldi à RFI, ce qui montre bien que la demande d’extradition risque d’avorter.

Par ailleurs, Belhassen Trabelsi doit se présenter le 22 mai devant le juge d’instruction chargé de l’enquête ouverte en France pour «blanchiment en bande organisée, recel, usage et complicité de faux documents administratifs».  

En fuite depuis la révolution, l’homme d’affaires en question s’est installé au Canada qu’il a quitté en 2016 après le refus des autorités de ce pays de lui reconnaître le statut de réfugié. Il fait aujourd’hui l’objet de plusieurs mandats de recherches et d’amener internationaux.

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