Le scénario qui se produit ces derniers temps au Club Africain était prévisible. Le manque de buts s’est couplé à un fond de jeu moins bon, ce qui a encore plus affecté la capacité à marquer. En revanche, ce qui était imprévu et même difficile à prévoir, c’est que les recrues estivales vont s’avérer des roues de secours, des seconds couteaux…

Pour sortir de la crise et ne pas s’enfoncer dans les abimes

davantage, le CA doit forcément  réagir face à l’US Tataouine, ce samedi. Il faut admettre cependant que le club de Bab Jedid ne joue plus dans la cour des grands, du moins pour le moment.

L’objectif a changé mais la pression est d’autant plus forte que le mercure est plus élevé en cette fin de saison.

Rentré dans les rangs et probablement sevré de C3, le CA n’est plus «bankable» pour l’instant, dévalué par les luttes intestines et la chute au classement. Ce qui n’a pas empêché Victor Zvunka de brandir son éternel optimisme que plus grand-chose ne vient conforter quand son onze n’avance pas !

Quant aux joueurs, ils sont redevables d’un sursaut d’orgueil et d’une meilleure implication. Bref, le CA  doit se relancer, ne serait-ce que par l’obligation de résultats pour le club et son projet. Sur ce, un rapide flash-back nous rappelle qu’à l’issue de la 19e journée, suite au coup d’éclat face au CAB, à Bizerte même, l’on pensait le CA désormais capable de refaire le coup de la saison passée, enchaîner et achever l’exercice sur les chapeaux de roues.

Or la victoire face aux Cabistes n’était qu’un mirage !

Le CA est vite retombé dans ses travers, concédant deux cuisants revers face à l’ASG et l’USBG. Et à Zvunka de gérer sa première crise après une légère embellie post-intronisation.

Oui, pour un certain nombre d’observateurs, l’équipe est à la rue en Ligue 1, et à l’épreuve en Coupe de Tunisie où l’Etoile du Sahel l’attend de pied ferme. On en vient donc aux joueurs, particulièrement les cadres qui cristallisent les critiques.

Et cette période de vaches maigres, les tauliers l’ont traversée en fantômes, enchaînant les blessures, les méformes et même les sorties de route ! En football, la meilleure défense, c’est l’attaque.

Et au CA, les buteurs sont souvent en berne.

C’est dire combien le manque d’efficacité offensive de l’équipe se traduit clairement au niveau des résultats.

Plus haut, le milieu de terrain semble accuser le coup. Le jeu est moins fluide, les joueurs ont plus de mal à se trouver et les relayeurs affichent des statistiques en berne par rapport à l’exercice précédent, notamment au niveau du taux de passes réussies. Derrière maintenant, les lacunes défensives sont incarnées par les Ifa, Agrebi et autre Jaziri.

La transition générationnelle en question…

La saison dernière, quand les cadres affichaient un niveau en-dessous de leur standard, le plateau technique pouvait s’appuyer sur des remplaçants efficaces. Problème, le Club Africain ne les compte plus dans son effectif. Certains jokers ont pris la poudre d’escampette. Reste les figurants, bien  trop tendres et encore loin d’être au niveau. En clair, le CA accuse une perte sèche à ce niveau, affichant des statistiques qui reflètent sa production sur le terrain. De son côté, Zvunka a beau enchaîner les rotations dans son groupe. Sauf que pour tenir un onze cohérent, il doit tout d’abord s’appuyer sur un effectif aussi qualitatif que quantitatif.

Maintenant, là ou la situation est un peu plus ardue pour le coach Victor, c’est qu’il ne pourra pas renforcer son équipe en été pour les raisons que tout le monde connaît. Conclusion, Zvunka doit «vivre à mort » avec ces joueurs et les soutenir inlassablement !

Même si son équipe n’est plus, cette saison ! S’en remettre et compter sur la cohésion, l’alchimie et la solidarité peut produire des miracles. Même si l’ambiance crépusculaire du Parc A en dit long sur la situation du CA, via un groupe de joueurs qui traduisent les difficultés d’un club quasi-centenaire à se renouveler, demain ne meurt jamais ! Même si ces dernières années, la transition générationnelle a du mal à s’effectuer naturellement au CA, il ne faut pas démissionner, ni capituler.

Le CA traverse une zone de turbulences, entre divisions internes, pessimisme et absence de visibilité. Dans ce contexte électrique, il va devoir se réinventer et tordre à terme le cou à ses détracteurs s’il y parvient ! Le défi n’en serait que plus taquin ! Le challenge forcément excitant…

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