Le coronavirus a, certes, ralenti drastiquement l’effervescence culturelle, artistique et événementielle à travers le monde, mais capacité d’adaptation, ténacité et persévérance ont été de mise pour de nombreux noyaux d’artistes, déterminés à créer malgré les circonstances. Ainsi, «We Ma Malakat», coproduction scénique tuniso-irakienne, a finalement vu le jour… A distance !

Engagé et d’actualité, «We Ma Malakat» est un monodrame sur la condition de la femme, mis en scène par la Tunisienne Ahlem Bejaoui et l’Irakien Sajad Joudri, écrit par Abdelkarim Amri et interprété par une jeune actrice et chanteuse, Hajer Saâda.

Une fois présentée, «We Ma Malakat» a été retenue presque simultanément dans 4 festivals à travers le monde au Maroc, en Iran, en Irak et au Liban. Un challenge pour toute l’équipe menée à bout, puisque l’idée a germé en pleine pandémie de coronavirus, pendant le tout premier confinement général. Tout a été concrétisé à distance.

La femme est au cœur de la création : la femme artiste, qui se cherche, qui se démène pour ne pas sombrer dans un vide abyssal. La femme qui se libère, et se débarrasse de ces fils inaperçus, entremêlés. Créer, diriger, tirer les ficelles de cette création, tout en tentant de se retrouver soi-même, de mieux se connaître, de se valoriser. De s’imposer, tels sont les objectifs de l’équipe créatrice. Le monodrame souligne cette essence de l’être, homme ou femme, extraite de l’art. Questions existentielles, imaginaire flamboyant, interrogations universelles diverses, la création questionne le vide et la pensée sur fond d’engagement féminin.    

La fusion entre les deux cultures, irakienne et tunisienne, a donné un résultat final distingué. Le théâtre académique irakien n’est pas comparable au tunisien, mais les deux savoirs se sont complétés. La thématique centrale du monodrame devait tourner autour de la femme irakienne initialement, mais, au fur et à mesure, le monodrame a pris une ampleur universelle, en traitant de la condition de la femme dans le monde, et plus spécifiquement dans le monde arabe. A l’ère de la parole libre féminine, la création évoque assujettissement, viol, harcèlement, et s’est ancrée dans le quotidien, en s’affranchissant des barrières sociales imposées et du patriarcat pesant.  La première a eu lieu en octobre 2020 à Tunis et la pièce reprendra quand la Covid-19 le permettra. Les dates nous seront communiquées ultérieurement. 

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