Si le Soudan était un adversaire largement à la portée, le Nigeria était une autre affaire. Les Nigérians nous ont été supérieurs, et ont mieux géré le match. Certes, ce n’était pas un adversaire injouable, mais l’équipe de Tunisie a éprouvé assez de peine pour se mettre à l’abri d’une défaite. Avec beaucoup de flottement en défense, et l’éternelle faiblesse de l’axe central (Meriah n’a jamais appris à marquer un adversaire et à couvrir), cette copie n’était pas convaincante. Et Mondher Kebaïer en assume une grande partie : le sélectionneur national et son adjoint ne font qu’expérimenter des joueurs, changer d’ossature sans pour autant apporter une grande plus-value technique. Ce n’est pas mauvais ce que Kebaïer a réalisé en officiel, mais là, on parle d’adversaires moyens. On aurait aimé voir les nôtres dominer le Nigeria, gros morceau continental. Si on veut gagner le titre africain, on doit faire mieux que le Nigeria, le Sénégal, le Cameroun, en officiel, mais aussi en amical. Un autre point nous intrigue à propos de Mondher Kebaïer : ses changements tardifs contre le Nigeria. Il laisse un Youssef Msakni qui a beaucoup perdu de ses moyens pour le sortir en fin de match. Cela veut dire quoi faire entrer un joueur à la 85e lors d’un match de qualité? L’exemple de Seïf Jaziri est édifiant contre le Nigeria.

Il entre à la 89’ et ne touche même pas le ballon. Que veut alors Kebaïer par ce changement «humiliant» qui peut démotiver un attaquant ambitieux et qui voulait montrer ce qu’il peut faire face au Nigeria?

Cette gestion de l’effectif et des changements de Kebaïer est si conservatrice et mal étudiée. Les matches amicaux, c’est fait pour tester une bonne partie de joueurs et, à un degré moindre, des configurations de jeu.

On ne fait pas entrer un joueur à la 90’ juste pour marquer le coup. En même temps, Kebaïer n’a pas osé toucher à certains joueurs protégés. Il conserve par exemple l’axe de la défense qu’il a hérité de Giresse sans essayer de voir d’autres choix. Kebaïer doit se rattraper et se décider : ou conserver les choix classiques ou apporter du renouveau et «oser» le changement, et apporter sa touche comme il faut.

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