Le terrorisme vient d’étancher sa soif encore une fois en France. Choc et émoi dans l’Hexagone après la décapitation à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) d’un professeur d’histoire-géographie qui aurait mené en classe une intervention sur la liberté d’expression en lien avec les caricatures du Prophète Mohamed.

Alors que des messages de dénonciation, de soutien,  de compassion et de solidarité pleuvent sur la France, une voix discordante s’élève en Tunisie pour faire l’éloge et l’apologie du terrorisme. Il ne s’agit pas d’un simple citoyen fanatique mais d’un député connu pour ses sorties tonitruantes et ses déclarations fracassantes. Il s’agit de Rached Khiari qui a posté sur sa page facebook que «porter atteinte au Prophète Mohamed est l’un des crimes les plus graves. Celui qui commet un tel acte doit en assumer les conséquences, qu’il soit un Etat, un groupe ou un individu». Oui messieurs. L’hémicycle donne encore une fois la triste image d’un Parlement sous la botte des islamistes extrémistes. N’a-t-on pas dénoncé l’entrée en toute liberté de personnes fichées S17 ? Des affaires ne sont-elles pas en cours d’instruction sur des liens présumés entre des députés islamistes et des terroristes ? Aujourd’hui, Rached Khiari persiste et signe. Il confirme que pour « l’atteinte à l’image du Prophète », il serait prêt à aller en prison. Quelle image donne-t-il de la Tunisie et de sa classe politique ? Par ce geste infâme, ignoble et indigne d’un élu, ce député voyou démontre que la Tunisie a encore un long chemin à parcourir avant d’extirper ce mal qui ronge le pays. Certes, le parquet a ouvert une enquête sur le post du député. Mais le combat que la Tunisie doit livrer aux terroristes  ne se situe pas à la limite des monts Chaâmbi, Mghilla ou Orbata. L’heure est de se lancer à la traque des terroristes en chemise-cravate et d’appréhender leurs connexions politiques et financières.

Maintenant que le peuple a un œil sur les terroristes et que nos vaillants soldats, gendarmes, policiers et douaniers patrouillent sur tous les fronts à leurs trousses, il faut finir le travail et débarrasser le pays des ennemis de la liberté, de la vie partout où ils se logent, fût-ce au Parlement. Maintenant que la mobilisation de nos forces de sécurité est forte, intense et même exceptionnelle, le résultat doit être édifiant. La leçon infligée aux terroristes doit être exceptionnelle et douloureuse. Et le message aux forces du mal clair : une victime du terrorisme est une victime dont tout le monde portera le deuil, qu’elle soit française, tunisienne ou autres, et que le devoir nous impose, outre la compassion, le droit de traquer ses auteurs jusqu’à ce que justice soit rendue.

Les terroristes et leurs cellules dormantes au sein du Parlement doivent savoir que nous agissons avec fermeté et efficacité, que nous sommes pleinement engagés et que nous ne leur laisserons aucun répit, ainsi qu’à  leurs soutiens politiques.

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Charger plus par Chokri Ben Nessir
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