Hichem Mechichi, Chef du gouvernement, a parlé aux Tunisiens, leur délivrant les messages à même de les rassurer sur la capacité de son gouvernement à relever les défis relatifs au gain de la bataille anti-coronavirus
Et plusieurs clarifications étaient nécessaires à faire valoir, en particulier le remaniement ministériel que certaines parties présentent comme imminent mais qui sera opéré quand la situation l’exigera sur la base du rendement des ministres, conformément au contrat de confiance qui les lie au Chef du gouvernement

Ceux qui s’attendaient, dimanche soir, à ce que Hichem Mechichi, le Chef du gouvernement, déballe, lors de l’interview qu’il a accordée à la TV nationale, les secrets de la brouille qui l’oppose, depuis quelques semaines, au Président de la République, Kaïs Saïed, ou qu’il dévoile son intention de révoquer illico presto le premier de ses ministre qui fréquentera le Palais de Carthage sans se doter de l’autorisation préalable du palais de La Kasbah sont restés sur leur faim et ils peuvent attendre d’autres apparitions télévisuelles au cours desquelles «l’enfant béni» de l’administration dira s’il a démis Walid Zidi de son poste de ministre de la Culture par pic au Président de la République ou parce que le ministre licencié vers minuit a commis une incartade inacceptable dont l’unique sanction est son limogeage.

Ceux qui voulaient savoir s’il y a eu conclusion d’un deal entre Mechichi d’une part et Ennahdha, El-Karama et Qalb Tounès, d’autre part, pour que son gouvernement obtienne la confiance de ces derniers en contrepartie de la promesse d’un remaniement ministériel au cours duquel les ministres supposés imposés par Kaïs Saïed seront remerciés et remplacés par d’autres ministres appartenant  ou au moins proches des trois formations politiques en question sont désormais édifiés grâce aux révélations faites par le Chef du gouvernement : «Il n’y a pas eu de marché ou de promesse de quelle nature que ce soit sauf qu’il y aura une opération d’évaluation du rendement de tous les ministres, opération qui sera tenue en concertation avec les partis et coalitions constituant l’appui gouvernemental. Et au bout de ce test, resteront les ministres qui auront honoré leurs engagements. Quant à ceux qui montreront leurs limites, ils céderont leurs postes aux compétences qui mériteront de les remplacer».

Voilà ce qui est clair et concis quant à ce que Nabil Karoui, président de Qalb Tounès, aura propagé à propos d’un deal qui n’est que l’objet de sa propre imagination.

Encore une précision sur les prétendues relations «conflictuelles» entre Mechichi et le Président Kaïs Saïed : «Nos relations sont très ordinaires et nous traitons, ensemble, sur la base des attributions que la Constitution accorde à chacun de nous», assure le Chef du gouvernement dans l’objectif de dissiper les «infos-rumeurs» que certaines parties font circuler, plus particulièrement sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à affirmer que les deux hommes ne s’adressaient plus la parole.

«J’agis selon les attributions qui sont les miennes»

Pourquoi a-t-il limogé, avec une célérité remarquable, le gouverneur de Kasserine qu’il a pourtant qualifié «de compétent», alors qu’il n’a rien décidé à l’encontre du président de la municipalité de Sbeïtla, considéré et même «jugé» par l’opinion publique et «les magistrats facebookiens» comme le responsable n°1 de la tragédie de Sbeïtla ?

Mechichi livre une réponse digne d’un homme d’Etat qui agit selon les compétences qui lui sont attribuées par la Constitution et qui respecte à la lettre les compétences accordées par la même Constitution à d’autres institutions.

Encore plus clair, Mechichi précise qu’il a le droit de limoger le gouverneur de Kasserine dans la mesure où il est son supérieur hiérarchique à l’instar des ministres, des secrétaires d’Etat ou des  P.D.G. des entreprises publiques qui sont, selon la Constitution, désignés par le Chef du gouvernement et aussi révoqués par ses soins sans qu’il n’ait à justifier à quiconque les raisons ou les motifs de ces décisions.

Quant au limogeage du président de la municipalité de Sbeïtla dans l’objectif d’apaiser la tension qui règne dans la ville, il ne relève pas de ses attributions et Mechichi le dit clairement à l’intention de son intervieweur qui ne semble pas être au fait des dispositions du code des collectivités locales sur la base duquel se sont déroulées les élections municipales du 6 mai 2018, celles qui ont porté l’actuel président à son poste de maire de Sbeïtla.

Le Chef du gouvernement est on ne peut plus clair : «Ce sont les membres du conseil municipal de Sbeïtla qui ont le droit exclusif de démettre leur président de son poste et provoquer l’organisation de municipales partielles en vue de parachever le reste du mandat électoral en cours, c’est-à-dire jusqu’en mai 2023».

Le Chef du gouvernement a eu aussi le mérite de répondre à toutes les questions qui lui ont été posées, interrogations que se posent les Tunisiens avec insistance sur les grands événements qui secouent le pays comme, par exemple, la décision d’ordonner aux cliniques privées d’accueillir les malades du Covid-19 n’ayant pas trouvé de lits dans les hôpitaux publics et ce aux frais de l’Etat.

D’autres sujets ont été évoqués, à l’instar de la maîtrise de l’hémorragie des finances publiques et aussi du respect des conventions déjà conclues avec l’Ugtt concernant le paiement des augmentations salariales (la dernière tranche) au profit des salariés de la fonction publique ou la régularisation de la situation des enseignants par intérim et des ouvriers de chantiers.

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