Au-delà du contenu et des coulisses de l’affaire du CSChebba, au-delà de ce qu’on peut reprocher à Wadï El Jary sur sa manière de gérer ses différends avec ses rivaux, on doit avouer que l’homme n’a pas tremblé et n’a pas eu peur d’affronter pratiquement tout le monde lors de l’émission «Ettassia sport».

Comme d’habitude, El Jary a paru imperturbable, «agressif» et n’a pas mâché ses mots pour défendre sa position sur cette affaire. Il n’a ménagé presque personne, de Taoufik Mekacher à Majdouline Cherni, en passant par Mehrez Boussayène, Aziz Zouhir et, bien entendu, Tarek Bouchamoui, El Jary a préparé un dossier blindé: documents officiels et correspondances, sans oublier les textes de loi qui, en grande partie, sont là pour  corroborer ses dires. On sait tous que Taoufik Mekacher avait tort de ne pas finaliser l’affiliation de son club pour la saison 2020-21. Une erreur fatale qu’El Jary a bien saisie. Seulement, il pouvait «arranger» cela et trouver une solution comme il l’a fait avec d’autres clubs. Mais à la base, El Jary n’a pas raté l’occasion que Mekacher lui a servie royalement. Pour le dossier Tarek Bouchamaoui, ça fait partie du passé.

El Jary a déjà présenté officiellement sa candidature au bureau exécutif de la CAF (il va l’intégrer sans aucun doute). Il a bien joué le coup, et le fait de ne pas annoncer officiellement sa candidature parrainée par son bureau fédéral n’était pas anodin. Au contraire, c’était voulu pour deux raisons : montrer à son concurrent Bouchamaoui que c’est lui qui tire les ficelles du jeu dans cette affaire, et montrer à quel point l’Etat était dépassé sur cette affaire, surtout le ministre des Sports qui a tranché en faveur d’un candidat, alors que sa candidature n’était pas certaine. El Jary est sorti aguerri et très fort de son apparition. Ferme, à la limite frustrant avec cette bizarre facilité à gérer en même temps des conflits musclés, El Jary a bien joué sur la fragilité et la discrétion de ses rivaux. Bouchamaoui a été le plus grand perdant dans cette affaire. Quant à El Jary, on n’aime pas trop son style «hyper» autoritaire, sa dictature, mais en même temps, avouons que c’est un as de la communication avec un style spécial où politique, social et juridique sont mixés avec une remarquable confiance et une détermination qui n’a pas de limites. Ça se voit bien qu’El Jary joue seul dans le paysage sportif parce que ses rivaux ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils sont beaucoup moins féroces, beaucoup moins tenaces et surtout très «classiques» dans la gestion de leurs conflits. El Jary n’a pas de concurrent, ça c’est sûr. Mais attention, se mettre tout le monde sur le dos peut coûter très cher.

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