La proverbiale incertitude du football s’en tenait jusque-là aux terrains.
Elle renvoie désormais à des questions plus angoissantes.

Avec la guéguerre que se livrent la FTF et un pan de nos associations sportives, le CS Chebba en tête, notre football se retrouve au bord de la crise de nerfs. Et puis, avec les péripéties de la course à la présidence de la CAF et les interconnexions qui en découlent via un impact sur le positionnement des uns et des autres, les observateurs et férus de sport-roi ne savent plus à quel saint se vouer, surtout qu’il ne se passe pas un jour sans que les pivots de cette tragi-comédie en rajoutent une couche à coups de révélations, déclarations péremptoires et autres prises de bec  qui ne font qu’attiser les tensions et surtout diviser.

Diviser, le mot est lâché. Serait-ce l’objectif à peine voilé de diviser…pour mieux régner ? Dans la perspective d’une campagne pour l’investiture continentale peut-être. Mais au niveau local, dans l’optique d’une meilleure adhésion aux règles, aux principes et à la charte des valeurs du sport-roi, c’est forcément l’effet inverse qui risque de se produire.

Au final d’ailleurs, personne n’a rien à y gagner, puisqu’en l’état, c’est l’effet domino qui risque de se produire. Quant au football, le vrai, avec  toutes ses dissensions, déchirements et désunions, il est relégué aux calendes grecques, alors que la saison n’en est même pas à ses premiers balbutiements.

Le fait du Prince

Les clubs, à leur tour, au-delà des querelles partisanes, mais pas très loin des turpitudes et des motivations qui animent les récents conflits ne peuvent, en l’état, se projeter, allant même jusqu’ à couper court à l’hypothèse d’une reprise prochaine de la compétition pour certains. Cette éventualité prend même forme en coulisses avec certains clubs lassés de ramer à contre-courant. Et pour cause, avec le «bannissement» du Croissant Sportif de Chebba, des clubs se retrouvent repêchés et se remettent à espérer, comme par miracle. Le fait du Prince plus qu’un cas de force majeure. Une Ligue 1 à 16, l’annulation de la relégation ou un tournoi entre barragistes en vue de décanter la situation. Alternatives, possibilités, et la crédibilité dans tout ça ? Car des scénarios, il y en a à profusion… sur fond de tensions !

Le décor ainsi planté nous rappelle l’effet boule de neige ou quand la négligence, la maladresse et même l’inconscience débordent notre sport-roi, allant jusqu’à figer nos instances sportives. Même le Cnot s’est invité au débat, prenant partie en passant…

Satisfaire pleinement les acteurs du milieu

La situation est donc inédite. Comment démêler le vrai du faux ? Quel arbitrage ? Mais quel sac de nœuds ! Avec des éléments aux multiples incidences sur la saison prochaine, notamment les attributions des dernières places en Ligue 1 et les relégations en division inférieure, les clubs ne manqueront pas de s’écharper sur ces points, surtout pour les actuels recalés. Avant même la vérité du terrain, les décisions en passe d’être prises en haut lieu, pourraient déboucher sur une nouvelle vague de litiges, voire une escalade incontrôlée aux conséquences dévastatrices. Les uns s’en remettront à la  justice sportive et peut-être même administrative. Les autres à l’interprétation stricte des textes. Voilà pour cet avant-propos d’une saison sportive étonnamment singulière et irrationnelle, où, déjà, le manquement au principe de mérite sportif joint au sentiment public d’injustice est largement constaté !

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