Sous une pluie fine, la foule ne faisait que grossir en ce lundi pluvieux devant le ministère des Affaires sociales. Quelques jeunes gens sont sous les arbres pour se mettre à l’abri, mais le gros des troupes a pris d’assaut les marches du siège de la tutelle scandant toutes sortes de slogans en attendant que leurs représentants reviennent de la réunion. Car le 13 mai est une journée pleine de promesses pour les étudiants encore en classes ainsi que pour les diplômés de l’Institut national du travail et des études sociales (Intes).

‘’Les négociations sont un échec’’
C’est d’un commun accord que les partenaires sociaux ont décidé de clôturer leurs réunions passées par une session de négociation autour d’un thème central : l’emploi de ces spécialistes de l’emploi. Seulement, les choses ne semblaient pas partir d’un bon pied dès notre arrivée sur place.
Nous avons interrogé Anouar Ziadi, diplômé de l’Institut, et Emna Hajji, étudiante, qui nous ont communiqué leur ressentiment face aux difficultés d’emploi qu’ils connaissent depuis 1999, alors que leurs spécialités sont uniques en Tunisie. En vérité, l’Institut est le seul en Afrique qui forme des experts dans plusieurs domaines allant des centres sociaux à l’univers carcéral, en passant par les hôpitaux, les institutions d’aide aux personnes âgées, les accompagnateurs d’éducation…
Selon nos deux interlocuteurs, ils ont été exclus pour cause de corruption dans le processus d’embauche et dans le déroulement des concours. ‘’Le programme Amen Social est capable d’accueillir au moins 200 diplômés par an pour toutes ces spécialités que l’Intes est le seul à proposer. Malheureusement, l’institut est miné par la corruption outre le problème de gestion qui se pose. Savez-vous que l’Intes est sous la double tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur pour les questions financières et du ministère des Affaires sociales pour les considérations pédagogiques? C’est un énorme désavantage’’, nous confient-ils.
C’est sur le même ton désabusé que s’exprime Marsia Belakhel, détentrice d’une licence et d’un master : ‘’Les règles de concours sont chaotiques et c’est après un parcours long et difficile que nous venons d’apprendre que le Master en études sociales quantitatives que j’ai obtenu ne me permet pas de participer au concours de recrutement d’inspecteurs du travail parce qu’ils veulent désormais un Master en sciences du travail ! Pourquoi m’avoir laissé faire tous ces efforts pendant deux ans pour obtenir en fin de compte un master qui ne sert à rien!.’’
C’est pour répondre à toutes ces interrogations et de bien d’autres sur la situation que vivent aussi bien les étudiants et les diplômés, toutes catégories confondues, que la rencontre du 13 mai s’est tenue entre le ministre des Affaires sociales, son chef de cabinet, le directeur des services communs, la direction de l’Institut, des représentants de professeurs et d’étudiants ainsi que les membres de la Coordination des étudiants de l’Intes. Une réunion décevante, comme nous venons de l’apprendre de nos contacts au sein des étudiants : ‘’Cette réunion n’a rien apporté de nouveau. C’est toujours le statu quo. On nous a tout simplement annoncé que l’on en reparlera après les examens. Les négociations sont un échec et nous allons nous réunir pour décider de la prochaine étape.’’

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