Par Anis SOUADI

La population active en Tunisie est en grande difficulté, notamment en cette période de crise. Elle perd régulièrement et à grande vitesse de son effectif. De son côté, le chômage, comme on l’a déjà précisé le 24 octobre sur ces mêmes colonnes, n’arrête pas de prendre  des proportions beaucoup plus importantes.

Et le constat pourrait devenir chronique surtout si nos premiers responsables continuent à décréter le silence radio.

Certes, le marché de l’emploi a toujours connu des difficultés diverses, mais il n’a jamais été aussi fragile que ces dernières années.

Au début des années 2000, la Tunisie a réussi justement à identifier certaines parades, quelque peu efficaces.  Le lancement, à titre d’indication, des mercredis de création d’entreprises, ou encore la création de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises, qui vient soutenir, en plus grand, la BTS confortent ce constat.

Egalement, le lancement de plusieurs programmes pour la promotion de nouvelles formes d’emploi a donné plus de solidité à cette  approche d’employabilité. Et c’est certainement le programme d’essaimage qui a retenu le plus l’attention à cette période-là. Un tel programme a été lancé en 2005 par le ministère de l’Industrie, alors même que l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes, notamment les diplômés de l’université, étaient au stade des priorités stratégiques nationales.

Le souci était justement, comme le souligne clairement une étude de la GIZ,* est de « faire de l’essaimage un remède public pour un secteur privé toujours en mal d’investissement ».

Aujourd’hui, 15 ans après, ce programme ambitieux n’a  malheureusement pas répondu à ses objectifs, car, comme le soutient l’étude, on n’a pas su développer la bonne formule, c’est-à-dire l’essaimage expansif « fondé sur une logique de performance durable en investissant sur le capital humain et l’image de l’entreprise ».

L’approche tunisienne était plutôt défensive qui « obéit à une logique de réduction des coûts et de redéploiement des ressources avec le souci d‘augmenter la rentabilité à court terme et surtout à procéder à des réductions de la masse salariale ».

On reconnaît également que le programme a manqué d’une politique d’évaluation, d’accompagnement et de soutien, notamment financier sérieuse, ce qui justifie la timidité de la qualité au niveau des projets mis en production.

Malgré cet échec, l’on reste convaincu que ce processus pourrait constituer encore un atout fondamental pour la dynamisation du marché de l’emploi. Il suffit de trouver la bonne formule.

On pense surtout à l’essaimage scientifique qui repose essentiellement sur le transfert technologique, la bonne valorisation des projets et le développement durable.

En plus de cette question d’essaimage, nos premiers décideurs doivent identifier et favoriser de nouvelles approches pour accélérer le rythme de création d’entreprises et élargir beaucoup plus les opportunités d’emploi.

On peut citer ainsi la technique du « portage salarial ».  C’est une  nouvelle « forme d’emploi, à mi-chemin entre l’entrepreneur et le salarié, qui permet de développer une activité indépendante tout en préservant les avantages sociaux». 

C’est un « outil d’adaptation économique qui favorise au concret l’autonomie professionnelle ».

Cette technique  se positionne, notamment en France,  comme un processus « magique » pour lutter contre le chômage et mieux servir l’emploi.

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