Sa palette ne cesse de s’enrichir, et avec l’âge, notre artiste acquiert un chromatisme lumineux que l’on croyait réservé à la prime jeunesse.

Il est difficile de toujours comprendre et estimer le degré de sympathie et d’empathie que peut susciter un artiste. Au-delà de son talent, de sa virtuosité technique, de son parcours artistique, il est un élément inexplicable et inexpliqué qui nous fait adhérer ou pas à son œuvre. Hamda Dniden bénéficie de ce don de transmission : son travail interpelle, ses toiles provoquent immanquablement l’émotion, son cheminement séduit. On aime à suivre les méandres de son évolution, se perdre dans les digressions de son imaginaire, s’immerger dans l’éclat de sa palette.

L’homme de Sidi Bou Saïd — il y vit et y travaille, on ne sait même plus depuis quand — a deux passions : le village, omniprésent dans ses toiles, ne fût-ce que dans la structure de ses tableaux, l’accumulation de ses plans, la superposition de ses architectures.              

                                    

Et la femme, toujours semblable et toujours renouvelée. Ses personnages sont fortement présents, amples et généreux. Ils ont la toute- puissance des génies du bien, des mères nourricières, peut-être même des sorcières bien-aimées.

Sa palette ne cesse de s’enrichir, et avec l’âge, notre artiste acquiert un chromatisme lumineux que l’on croyait réservé à la prime jeunesse.

Sérieux certes, dans son approche, il ne boude pas les clins d’œil de l’humour nostalgiques, et ses taxis B.B. sont de délicieux rappels d’un passé aboli.                                              

L’homme de Sidi Bou Saïd, le seul qui s’obstine à peindre en jaune sa porte, insolite dans ce village bleu, est un fidèle. Il revient chaque saison exposer dans sa galerie de cœur, Kalysté. Aussi, nous laissons la parole à Synda Ben Khelil.

«L’artiste peint et dépeint une toile. Une histoire inspirée par l’amour de l’art où il puise à cœur ouvert son inspiration en un recueil qu’on décode au fil du temps. Surprenant, il se donne comme option, semble-t-il, un camaïeu d’atmosphères aussi déroutantes l’une que l’autre… Il prise toujours la femme dont le regard nous suit de loin et nous couve d’attention tranquille…Tantôt seule, tantôt baignant dans une ambiance propre à lui, mais toujours omniprésente, la femme s’affirme avec prestance».

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