A suivre la polémique médiatique qui a investi, ces derniers jours, le paysage politique national, à la faveur des rumeurs sur le possible retour de l’ex-président Ben Ali au pays, se pose la question suivante : à qui profite l’instrumentalisation politique d’une affaire que tout le monde considère comme relevant de la compétence de la justice, au-delà de la dimension humaine ou humaniste que certaines parties cherchent à lui conférer ?

La question tire sa légitimité et sa crédibilité de la situation politique qui prévaut actuellement dans le pays à l’orée des prochaines élections législatives et présidentielle prévues fin 2019, où toutes les forces politiques essayent de se positionner tout en exploitant toutes les affaires en cours comme le non-parachèvement du processus de la justice transitionnelle ou l’alignement sur la symbolique que représentent certains leaders historiques à l’instar de Habib Bourguiba.

Et les Tunisiens de se rappeler que lors des législatives et de la présidentielle de 2014, la symbolique de Bourguiba a joué un rôle fondamental dans le triomphe de Nida Tounès qui a réussi à remporter les batailles de La Kasbah, de Carthage et du Bardo.

Ceux qui semblent vouloir rééditer l’expérience de 2014 et impliquer l’ancien président de la République ou plutôt sa prétendue maladie (rien n’est officiel jusqu’ à aujourd’hui sur son état de santé) dans les tiraillements qui divisent actuellement le paysage politique national dans le but d’en tirer un certain profit ne doivent-ils pas comprendre qu’ils prêchent dans le désert et qu’ils ont fait un choix le moins qu’on puisse dire déplacé?

Faut-il leur souffler que les Tunisiens ont d’autres priorités et qu’ils ont décidé de tourner la page de l’ancien régime? D’où la nécessité pour ces professionnels des «causes perdues» de saisir que les Tunisiens ont atteint un degré de conscience et de maturité leur permettant de résister aux manipulations et de mettre à nu leurs plans occultes.

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