DE la crise naissent les solutions. Au pire moment de la tourmente économique, financière, politique et sociale qui fait plonger le pays dans une spirale de contestation sociale, la classe politique doit faire preuve d’imagination, d’abnégation et de solidarité pour ouvrir de nouveau les lucarnes de l’espoir et relancer les moteurs de la croissance.

Certes, l’opinion publique est prise de panique à cause de l’embrouille des chiffres et des dissonances des voix qui fusent de partout appelant à la mobilisation générale et à une plus grande résistance face aux politiques de développement qui sont pourtant envisagées sur la base du dialogue avec les acteurs locaux dans les régions.

Mais pour restaurer la confiance, pour éviter la peur, il faut aller de l’avant et agir. Agir pour dire la vérité aux Tunisiens et leur expliquer que la crise nous concerne tous. Qu’elle peut durer si on ne fait rien. Si chacun campe sur sa position, se replie sur lui-même. Car la faillite de l’Etat, l’effondrement de tout un système ne servirait qu’à démolir ce qui reste de l’édifice. Et que pour sauver les meubles, il faudrait travailler davantage et non pas bloquer la production. Enrayer la vie économique et sociale ne servirait qu’à nous enliser davantage dans les ronces inextricables de la crise. Nous savons qu’il n’y a personne pour nous aider sauf nous-mêmes. Jamais les Tunisiens n’ont eu besoin d’une direction politique plus compacte et plus harmonieuse pour insuffler l’espoir, un rayon de soleil dans la grisaille qui nous guette depuis des années. Il est vrai que beaucoup de Tunisiens souffrent et continuent de souffrir. Et que beaucoup de sacrifices ont déjà été consentis et que la vie est pour eux beaucoup plus difficile aujourd’hui.

On peut toujours déplorer que rien n’a été fait pour changer la donne ou que rien n’est allé assez vite ou assez loin. Mais prenons le temps de regarder autour de nous et imaginons dans quelle situation nous pourrions nous trouver si nous ne prenons pas à temps la mesure de la crise, et si nous ne déployons pas à temps les efforts nécessaires. Nous serons pris dans le cercle vicieux de la peur. Une peur de l’avenir et des jours à venir qui paralysera les consommateurs, empêchera l’investissement, bloquera l’emploi et entravera le développement.

Saisissons la crise avec audace et courage. Ensemble nous parviendrons à traverser les orages, à tisser de nouvelles voies et à tracer des perspectives. C’est ensemble que nous dépasserons les blocages et ferons sauter tous les verrous. C’est la seule façon de conjurer la peur et de passer les trous d’air.

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