LES appels à l’organisation d’un dialogue national qui devrait déboucher sur la mise en place d’une nouvelle approche permettant de sortir le pays de la crise fusent de partout. Tous les acteurs en faveur d’une telle initiative avouent que pour réussir, ce dialogue doit être placé sous l’égide du Président de la République, le garant de l’unité et l’intégrité du pays.     

Si nous ne doutons pas de la bonne volonté de quelques acteurs qui s’ingénient à sortir le pays de la crise, d’autres acteurs politiques que les urnes ont rejetés cherchent par contre à revenir au-devant de la scène par le biais de ce dialogue. D’où les interrogations sur l’utilité et la finalité d’un tel cadre.

D’abord, il ne sert à rien d’organiser un dialogue qui serait une pâle réplique des défunts dialogues organisés par le passé. Il ne faut pas non plus qu’il soit une tribune pour des oracles du temps passé que les électeurs ont refoulés lors du vote. Les corrompus, ceux qui ont du sang sur les mains, ceux qui défendent les terroristes qui ont égorgé nos soldats et nos enfants ne devraient pas avoir de voix. Sinon ce serait se mettre en porte-à-faux avec la volonté des électeurs. Il n’est pas non plus permis que les acteurs de ce dialogue le convertissent en deuxième Chambre parallèle à l’Assemblée des représentants du peuple ou en un gouvernement de l’ombre qui saperait une partie des prérogatives du pouvoir exécutif. C’est pourquoi il faut réfléchir mûrement au concept de ce dialogue et s’assurer à ce qu’il ne crée pas davantage de confusion entre les institutions de l’Etat.

Nous nous attendons, au contraire, qu’il soit un nouvel et large espace apte à conforter ce qu’offre l’Etat des institutions en termes de structures et d’instances de dialogue constructif, d’expression responsable et de réactivité positive aux aspirations des diverses catégories sociales et des différentes générations.

Pour y parvenir, il faut que les acteurs d’un tel dialogue soient crédibles et reconnus pour leur compétence, leur impartialité et leur savoir-faire et que ce cadre réunisse en son sein acteurs socioéconomiques, tissu associatif et compétences scientifiques et intellectuelles à même de fédérer et de s’intégrer dans une action collective, plaçant les intérêts supérieurs de la nation au-dessus de tout autre considération. Et que le dialogue accouche d’une nouvelle charte sociale, fondée sur des partenariats contractuels majeurs, propres à créer un environnement sain pour gagner les paris liés à la modernisation de l’économie, au renforcement de sa compétitivité et à la dynamisation de l’investissement productif et capable d’impulser l’adhésion de chacun à l’effort engagé pour assurer le développement à une cadence accélérée, en vue de réaliser une juste répartition de ses fruits, dans le cadre de l’équité sociale et de la solidarité nationale.

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