Membre exécutif de la Fédération internationale de la médecine du sport, notre spécialiste estime que l’application stricte du protocole sanitaire ne suffit pas pour éviter les blessures. C’est que le protocole du Covid-19 ne peut rien face aux blessures musculaires.

La crise sanitaire que traverse le monde actuellement est sans précédent. Le Covid-19 est un nouveau virus apparu pour la première fois il y a un an à Wuhan en Chine. La propagation du nouveau virus était si rapide qu’à peine trois mois après son apparition, il a touché toute la planète. Pour y faire face, les gouvernements se sont mis à confiner leurs pays les uns après les autres. Avec le confinement, la planète football s’est mise elle aussi à l’arrêt. Le football professionnel en a tellement bavé au point que, malgré les protocoles sanitaires mis en place, des joueurs ont été contaminés un peu partout dans le monde par le virus : «Le football est un sport collectif. De surcroît, les footballeurs n’ont le choix que d’appliquer strictement les protocoles sanitaires mis en place. Les responsables des fédérations nationales et les dirigeants des clubs professionnels de football doivent impérativement respecter les cahiers des charges de la Fifa et ceux des instances continentales du football telle que la CAF. Le protocole sanitaire est un moyen préventif contre le Covid-19. Les footballeurs professionnels doivent faire l’effort de respecter les gestes barrières individuellement et respecter le protocole sanitaire quand ils sont en groupe que ce soit aux entraînements ou lors des matches», souligne Dr. Maher Zahar, membre exécutif de la Fédération internationale de la médecine du sport et membre de la Commission médicale de la CAF.

Les blessures musculaires, les dommages collatéraux du Covid-19

S’ils peuvent aider à prévenir contre le virus, les protocoles sanitaires mis en place ne peuvent en aucun cas éviter les blessures musculaires. En effet, avec l’arrêt soudain de la compétition et même des entraînements collectifs durant trois mois successifs dans les moindres des cas, la reprise de l’activité fut particulièrement brusque dans la mesure où les différentes fédérations nationales qui ont décidé que la saison 2019-2020 aille jusqu’au bout ont programmé des calendriers assez soutenus, sans compter les compétitions continentales interclubs et les journées Fifa. Une situation qui a favorisé les blessures musculaires : «Au Real Madrid, on a dénombré 13 blessures musculaires et au PSG 8 joueurs ont contracté des blessures musculaires», souligne notre interlocuteur, et ce, à cause d’une reprise de la compétition qui a été assez brutale après un arrêt de 4 mois cumulés. Nous avons assisté à une recrudescence exponentielle qui explique la vague des blessures musculaires que connaissent les clubs professionnels de football, notamment les grandes firmes. Cela s’explique par le fait que le football professionnel, comme le reste du monde, affronte une situation inédite. De plus, durant la dernière décennie, les méthodes des entraînements ont évolué de sorte que les footballeurs professionnels s’entraînent à la longueur de l’année et ne se reposent que 15 jours. Deux semaines de repos actif. Les joueurs n’étaient donc pas prêts par un arrêt aussi long de l’activité. Pour faire face aux blessures musculaires, la meilleure solution est d’établir un calendrier inamovible d’autant que les dates des échéances internationales sont connues. Un calendrier inamovible est  plus qu’essentiel. Par ailleurs,  le calendrier d’une compétition qui se respecte doit être connu trois semaines à l’avance. Or, chez nous, on établit le lundi le programme des matches de la journée du week-end d’après. L’établissement d’un calendrier inamovible trois semaines à l’avance, permet de maximiser les capacités mentales et psychologiques des joueurs, ce qui diminue le risque des blessures musculaires. Les horaires des matches doivent être respectés pour chaque club. Si on joue le samedi à 15h00, à titre d’exemple, cela doit s’appliquer sur toute la saison. Aussi, il faut établir la période du mois où on dispute deux matches par semaine. Cela peut être la troisième semaine du mois. Ainsi, staffs techniques et médicaux peuvent répartir la charge de travail à l’entraînement et, par conséquent, prévenir contre les blessures». C’est la méthode que propose le Dr Maher Zahar pour prévenir contre les blessures musculaires qui constituent les dommages collatéraux de l’épidémie du Covid-19.

Cela dit, le Covid-19 est en quelque sorte un mal pour un bien en ce qui concerne l’organisation des matches dans nos stades. Grâce au protocole sanitaire mis en place, la zone mixte et la main courante ont été vidées des intrus qui n’ont rien à faire là-dedans. Une anomalie que le Covid-19 a réussi à irradier dans nos stades. Pourvu que ces mesures organisationnelles demeurent en vigueur une fois l’épidémie estompée. C’est tout le mal qu’on souhaite à notre football qui a beaucoup souffert de l’anarchie durant cette dernière décennie.

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