Ils sont nombreux à passer le mois de Ramadan en solo et de prendre le repas de l’iftar tout seuls, loin de leurs familles… Témoignages.

Walid est un jeune fonctionnaire qui a dépassé la trentaine et qui habite seul depuis des années dans son appartement à Tunis. Emploi oblige, comme chaque année, il n’a pas le privilège de passer le mois saint avec sa famille, dans sa ville natale, et il s’est habitué à rompre le jeûne tout seul. Il doit se débrouiller pour préparer ses plats préférés chaque soir et profiter du reste de la soirée pour aller voir ses amis dans le café du coin. «Ce n’est pas agréable de prendre son dîner tout seul dans son appartement en se contentant d’avoir pour seule compagnie la télévision, les séries et les émissions divertissantes. Je profite juste des week-ends, pendant mes deux jours de repos, pour rentrer à Béja et profiter de l’ambiance familiale chaleureuse. D’autant plus, que ma mère, n’épargne aucun effort pour me gâter en préparant mes plats préférés», confie le jeune homme.

«C’est dur de passer tout le mois saint à préparer des plats bâclés et à les manger tout seul. Mais heureusement que de temps à autre, je reçois des invitations de mes amis qui me proposent de rompre le jeûne avec eux. L’ambiance est tout à fait différente ; on est dans le partage, dans la générosité et dans la convivialité», ajoute-t-il.

Ramadan en solo n’a aucun charme 

Idem pour Maha qui est condamnée, depuis plus de trois ans déjà, à passer Ramadan en solo. La seule différence, c’est qu’elle est encore étudiante et que pendant cette période qui coïncide avec le mois saint, elle passe ses examens de fin d’année. Maha, qui n’a que 23 ans, se retrouve chaque soir seule à table dans sa chambre du foyer universitaire. «Une fois mon repas achevé, je me précipite pour me rendre dans la salle de séjour où je regarde la télé avec les autres occupantes du foyer. Je sors ensuite pour prendre un café avec des amies et profiter de la soirée avant de rentrer pour réviser mes cours», témoigne l’étudiante.

Et de renchérir : «Je me suis habituée depuis des années à me retrouver seule à table pendant le mois de Ramadan. Passer ce mois loin de la famille lui ôte tout son charme ! Malgré tout, j’essaye de le vivre comme si j’étais entourée de mes proches, en passant les soirées ramadanesques avec des amies afin de créer une ambiance conviviale».

Nada, originaire de Monastir, poursuit ses études à la Faculté des lettres de Nabeul. Elle ne voit sa famille que pendant les week-ends. Le reste du mois saint, elle se débrouille avec ses trois autres binômes pour cuisiner des plats et consacre, ensuite, le reste de la soirée à la révision des cours. Ayant quitté le nid familial pour s’installer dans un foyer, c’est son premier Ramadan en solo.

Pour certaines personnes, en particulier les étudiants, qui doivent rompre le jeûne en solo, le mois saint a perdu tout son charme. Pour d’autres, à l’instar des étrangers vivant en Tunisie ou ceux qui travaillent la nuit, passer Ramadan tout seul ne leur pose aucun problème. L’essentiel c’est qu’ils profitent des soirées ramadanesques festives jusqu’à une heure tardive de la nuit.

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