Le gouvernement prospecte les différentes sources de financement pour pouvoir boucler le budget 2021 en comptant sur les emprunts extérieurs et intérieurs, les bons du Trésor, les dons et autres, et ce, pour pouvoir financer les différents projets dont celui qui consiste à recruter une partie des chômeurs dans la fonction publique.

Enfin, le projet de loi de Finances 2021 a été adopté par l’Assemblée des représentants du peuple après des tiraillements acerbes de la part des députés représentant les différents partis politiques. Il s’avère, d’après cette loi, que les revenus du budget sont de l’ordre de 33.109.000.000 dinars alors que les dépenses sont de 40.203.000.000 dinars, ce qui fait que le déficit s’élève à 7.094.000.000 dinars. La question qui se pose avec insistance est «comment va faire le gouvernement pour effacer ce déficit ?»

Le recours aux bailleurs de fonds étrangers ne semble pas résoudre les problèmes en suspens. Le Fonds monétaire international demeure un passage obligé pour équilibrer la situation financière. Encore faut-il accepter de se soumettre aux directives de ce fonds qui exige d’appliquer des réformes devenues connues, à savoir la réduction de la masse salariale, la levée de la compensation avec orientation des aides de subvention aux populations vulnérables et nécessiteuses. Les recettes fiscales, d’après ce budget, seront de 29.825.000.000 dinars  alors que les  recettes non fiscales  s’élèveront à 2.484.000.000 dinars. Quant aux dons, ils devraient atteindre les 800.000.000 dinars.

Taux d’intérêt élevé

Le recours aux crédits extérieurs est incontournable dans la mesure où les ressources provenant de l’emprunt extérieur seront de 13.015.000.000 dinars. Il faut dire que la marge de manœuvre sur le marché financier international est devenue très réduite et les crédits proposés se distinguent par leur taux d’intérêt assez élevé. Quant aux ressources d’emprunt intérieur, elles s’élèvent à 5.580.000.000 dinars et les ressources de la trésorerie seront de l’ordre de 100.000.000 dinars. Le financement du déficit budgétaire en prenant en compte les dons extérieurs, la privatisation et les biens confisqués sera de 7.094.000.000 dinars contre 4.995.000.000 dinars pour le remboursement du capital de la dette intérieure.

Les ressources et les dépenses des entreprises publiques dont le budget est rattaché au budget de l’Etat selon les missions de 2021 sont de l’ordre de 1.215.947.200 dinars. Certaines entreprises publiques déficitaires sont un lourd fardeau pour l’Etat, même si elles doivent être maintenues vu leur rôle social au profit de la population. Mais ce déficit devrait baisser pour alléger la pression sur le budget de l’Etat. A noter que le nombre total des agents autorisés au titre de 2021 relevant des ministères avec leurs services centraux et régionaux, les entreprises publiques dont les budgets sont rattachés au budget de l’Etat s’élève à 644.872 agents.

Une partie de ces ressources est réservée aux recrutements dans le cadre de la loi n°38 en date du 13 août 2020 relative aux dispositions exceptionnelles pour le recrutement dans le secteur public. En application à la loi précitée, des ressources financières seront allouées pour le recrutement de 10.000 chômeurs, titulaires des diplômes supérieurs et dont la durée du chômage s’est allongée selon la classification établie par ladite loi.

Transfert des ressources

Ces recrutements seront financés par l’économie et l’ajustement de certaines missions. En outre, une partie des ressources du programme de l’emploi sera consacrée à ces recrutements en assurant le transfert des ressources du contrat d’initiation à la vie professionnelle et la formation pour l’amélioration de l’employabilité.

Par ailleurs, un fonds de renforcement de la décentralisation, de l’équité, de l’ajustement et de la solidarité entre les collectivités locales sera mis en place. Le montant maximum autorisé par le ministre chargé des Finances pour octroyer des crédits de trésorerie aux entreprises publiques est de 125.000.000 dinars pour l’année 2021 alors que  le montant pour les crédits ou l’émission des chèques islamiques garantis par l’Etat est de 7.000.000.000 dinars pour 2021.

Les ressources dudit fonds seront réparties entre différentes structures dont 70% pour les municipalités, 20% pour les régions et 10% pour les districts. Pour ce qui est des sociétés privées, l’impôt sur les sociétés est révisé pour être établi à 15%. Ainsi, cet impôt est réduit de 25% pour les sociétés concernées. Même si  cette loi comporte des  points positifs, notamment celui qui concerne le recrutement des jeunes, elle a été critiquée par des hommes d’affaires vu la pression fiscale qui ne cesse d’augmenter. Certaines propositions d’ordre social ont également été rejetées par une majorité de députés.

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