On croyait avec l’avènement de la révolution que l’instrumentalisation politique de la solidarité à l’occasion du mois saint de Ramadan et la médiatisation excessive des repas d’iftar et des cérémonies de distribution des couffins de Ramadan étaient révolues à jamais.

Beaucoup de Tunisiens, y compris parmi ceux qui sont actuellement au pouvoir, dénonçaient, avec force et vigueur, les pratiques propagandistes utilisées à l’époque et les considéraient comme contraires à l’esprit même de la religion islamique et aux principes de la piété et de l’entraide qu’elle renferme.

Malheureusement, huit ans après la révolution, ces pratiques sont revenues avec force, faisant fi du principe sacré du respect de la dignité des Tunisiens dans le besoin bénéficiaires de ces aides politisées à outrance, au point que ces cérémonies font l’objet aujourd’hui d’une campagne électorale avant terme et d’une promotion quotidienne de plusieurs personnalités qui ne cachent plus leurs ambitions politiques et ne se privent plus de laisser entendre que leur charité a un coût que ses destinataires doivent saisir qu’ils ont l’obligation de payer le jour des élections législatives et présidentielle de fin 2019.

La médiatisation exagérée de ces actions de solidarité, le moins que l’on puisse dire occultes, ainsi que la présence de responsables de certains partis à ces cérémonies de distribution des «cartons du Ramadan» envoyés par des pays étrangers n’ont pas manqué de soulever un sentiment de colère et une réaction de rejet violent de ces pratiques auxquelles s’adonnent des politiciens et des représentants de la société civile qui prétendent défendre la dignité des citoyens et se proposent pour aspirer à remporter leur confiance à l’occasion des futures élections.

Que faut-il retenir de ces images de détresse et de misère exploitées à fond que nous proposent certains médias quotidiennement au grand dam de ces Tunisiens de condition modeste qu’on n’hésite  pas à instrumentaliser pour des visées de basse politique ?

Certes, les ambitions démesurées et les agendas politiques de certaines parties autorisent toutes les dérives possibles.

Sauf qu’il  reste une ligne rouge à ne jamais dépasser : la dignité du Tunisien est et restera à jamais sacrée.

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