Dans une allocution télévisée, le Chef de l’Etat s’est adressé hier aux Tunisiens pour présenter ses vœux à l’occasion de la nouvelle année administrative.

Le Président de la République a indiqué que l’année écoulée était exceptionnelle sur tous les plans, non seulement en Tunisie mais aussi dans le monde entier. Kaïs Saïed a ensuite passé en revue les péripéties de formation  des gouvernements successifs depuis novembre 2019 jusqu’à la démission de l’ancien Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh et cette instabilité gouvernementale planifiée à l’ombre. « Et même pour le gouvernement actuel, il y a jusqu’à ce jour des négociations pour un remaniement ministériel ou une idée de lancer une motion de censure », a-t-il affirmé. « Des gouvernements successifs, des concertations ininterrompues et des manœuvres menées pour assurer des équilibres en grande partie à l’ombre», a expliqué le Chef de l’Etat. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’était pas facile de travailler convenablement dans ce contexte. Et c’est un président au « cœur meurtri » par la douleur et le chagrin à l’écoute des doléances des Tunisiens qui résultent de la paupérisation ou de l’indifférence à leur égard. Mais c’est aussi un président  qui se sent parfois vivre sur une autre planète quand il « écoute les mensonges, les simulacres et les affabulations. Et malgré cela, je suis resté solide et déterminé en dépit de la sensation permanente de douleur et de l’amertume».

« Mais la situation s’est corsée davantage avec les tiraillements politiques et les querelles au sein du Parlement où le sang a coulé », a souligné le Chef de l’Etat. Il a par ailleurs regretté qu’un ensemble d’initiatives législatives qu’il devait lancer, à l’instar de la Fondation Fidaa pour les familles des martyrs et des blessés ou encore son projet de réconciliation judiciaire, n’aient pu être présentées car les circonstances favorables ne sont pas toujours réunies. Il a aussi évoqué des obstacles dressés par de hauts responsables à l’intérieur du pays qui bloquent aussi la coopération avec des pays frères et amis. Le Chef de l’Etat s’est dit animé d’une grande volonté pour faire sauter tous les verrous et faire bouger les lignes. Il a critiqué ouvertement à cette occasion le budget de l’Etat qui «ne répond pas aux attentes du peuple» mais «ils ont tout fait pour le faire voter pour ne pas passer aux décrets présidentiels autorisant les dépenses tous les trois mois».  Fustigeant le rendement des différents gouvernements, Saïed a indiqué que les revendications des Tunisiens depuis une dizaines d’années n’ont pas été concrétisées. Elles ont même empiré. 

En revenant à la question de la pandémie de coronavirus, Kaïs Saïed a salué les efforts de l’Armée de l’air tunisienne et de la compagnie Tunisair qui ont déployé de grands efforts pour rapatrier les Tunisiens bloqués à l’étranger. Il a aussi tenu à féliciter les cadres médicaux et paramédicaux qui ont fait de grands sacrifices pour sauver la population. Le Chef de l’Etat a aussi mis en avant l’élan de solidarité entre les Tunisiens qui a sauvé la situation à plusieurs reprises», a-t-il indiqué.

Pour lui, le système politique a besoin d’un nouveau vaccin qui redonne à la Tunisie son aura et à ses institutions leur vigueur car la machine qui a fonctionné pendant des décennies «continue de fonctionner de la même manière».

Pour le Chef de l’Etat, cette nouvelle vision doit répondre aux objectifs de la révolution pour lesquels sont tombés des martyrs. C’est dans ce sillage que le Président de la République a annoncé que l’initiative du Dialogue national dont il a accepté le principe « ne doit pas être comme les anciens formats. Selon ses propos, «un dialogue nationale ne peut être efficace que s’il permet aux jeunes des différentes régions de la République d’y prendre part pour participer à l’élaboration des solutions et des visions».

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