L’année 2020 s’achève sur une accélération inquiétante de la propagation de la Covid-19. La nouvelle phase marquée par une transmission très rapide du virus semble ne pas perturber pour autant la quiétude de la majorité des citoyens, plongés dans l’indifférence totale. Aussi étonnant que cela puisse paraître, plus le nombre de contaminés augmente, moins les gens prennent conscience de la gravité de la situation et boudent les gestes barrières. Nous sommes entrés dans une phase dangereuse, celle de la banalisation du virus. Le port du masque de protection et la distanciation physique ne sont plus à l’ordre du jour. Les gestes barrières se résument en peu de choses: de minuscules affiches placardées à l’entrée de quelques magasins et boutiques,  des spots de sensibilisation diffusés sporadiquement  à la télé et dont presque personne ne tient plus compte.  

«Le pic de la deuxième vague de la pandémie est prévu pour fin décembre 2020 si les mesures de prévention sanitaires prises par le gouvernement sont appliquées», avait déclaré le ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, ajoutant qu’en cas de non-respect  de ces mesures ou de leur allégement, ce pic sera retardé à la fin du mois de janvier prochain. La question qui se pose, aujourd’hui, est de savoir si l’on a atteint clairement le second pic de l’épidémie avec 137.216 cas enregistrés au 30 décembre, 104.980 guérisons et 4.620 décès, ou si l’on doit s’attendre à  une nouvelle hausse du nombre de cas  de contamination dans les prochains jours en raison d’un relâchement en matière d’application des mesures  préventives anti-Covid-19.

Rien que pour le dernier mois d’une année dont tout le monde ne regrette pas le départ, 2.414 nouvelles contaminations par le coronavirus ont été enregistrées le 29 décembre sur 6.403 analyses effectuées, a annoncé, mercredi soir, le ministère de la Santé, à la TAP. Il s’agit du bilan le plus élevé jamais enregistré. 50 nouveaux cas de décès ont été recensés à la même date, portant à 4620 le nombre de morts, comme on l’a déjà souligné. Ce qui est alarmant à plus d’un titre, c’est que 6.807 personnes contaminées sont actuellement hospitalisées dans des établissements de santé des secteurs public et privé dont 330 se trouvent en soins intensifs et 121 placées sous respiration artificielle, ajoute la même source.

Membre de la Commission de lutte contre le coronavirus au ministère de la Santé, Samir Abdlemoumen a récemment appelé les citoyens à respecter les mesures barrières  dans ces moments difficiles marqués par le grand nombre de contaminés et l’augmentation des cas de décès partout dans le monde et non seulement en Tunisie. La nouvelle souche du virus étant plus infectieuse, sa propagation est donc plus rapide. Il importe  que les autorités de tutelle s’impliquent davantage dans l’application des protocoles de sécurité sanitaire anti-Covid-19. Il a souligné l’augmentation du nombre de personnes admises dans les services de réanimation et des contaminés dans les régions, notamment à Sfax. «Rien ne sert de prendre des mesures si on n’est pas capable de les appliquer», a-t-il martelé.

Avec son cortège de difficultés financières pour les petites et moyennes entreprises, ce second pic de l’épidémie semble mettre le gouvernement face à un dilemme cornélien. Soit adopter à nouveau une politique de tolérance zéro en matière d’application desdits protocoles sanitaires, ce qui contribuera inéluctablement à juguler la propagation du mal et protéger la population, soit continuer à fermer les yeux sur certains manquements avec les graves répercussions qui peuvent en découler.

Vaccins anti-coronavirus, ce n’est pas pour demain

Si certains pays sont déjà entrés dans une phase de l’après-vaccin  et rêvent de la possibilité d’un retour à la vie normale, il n’en est pas de même pour la Tunisie qui doit attendre l’acquisition de six millions de doses du nouveau vaccin anti-Covid au cours du second trimestre de l’année 2021, selon le directeur de l’Institut Pasteur, Hachemi Louzir. La priorité sera accordée aux personnes âgées et agents des secteurs vitaux. Mais c’est encore loin.

D’après la même source, le vaccin sera gratuit. Une lueur d’espoir pour les Tunisiens mais d’ici là, la hausse du nombre de contaminations et de cas de décès n’est pas à exclure eu égard à  l’actuelle  démarche du gouvernement face à ce deuxième pic, la banalisation de l’épidémie par la population et, surtout, cette fausse impression que ça n’arrive qu’aux autres. 

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Un commentaire

  1. Razgallah

    03/01/2021 à 04:22

    Comme tout la pagaille totale,pas d autorite,aucun respect du code de la route,tele en conduisant..ect ect….

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