Inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco, l’ancienne médina est le centre historique de Tunis. La vitrine de ce site urbain est dotée d’un style architectural distingué, de ruelles serpentées, édifices beylicaux historiques, écoles, souks, places, portes, hôtels et restaurants : autant de lieux connus qui retracent l’histoire du pays, à découvrir une fois sur place. Ce qu’on ignore, c’est que des trésors méconnus et des lieux insolites sont encore à découvrir.

Point de départ, place de Bab Bhar (La porte de la mer). Deux artères principales de la médina sont accessibles aux visiteurs 24h sur 24 : elles grouillent de monde au quotidien, pour la plupart des étrangers, venus profiter des commerces de la Médina, de son ambiance conviviale, orientale, authentique, de ses odeurs et son architecture européenne, andalouse, coloniale. On immerge  à l’intérieur sur des distances considérables, à pied, et on se laisse perdre dans les tournants, coins et recoins du site, s’éloignant peu à peu des artifices touristiques.

La Médina est connue pour ses musées nichés à l’intérieur et de ses endroits qui ont changé de vocation plusieurs fois : Outre le centre culturel Tahar Haddad, celui de Hssan Zmerli. Cet édifice a été transformé en église pendant la colonisation au XIXe siècle: L’église Notre- Dame- du- Rosaire à Tunis est une ancienne église catholique tunisienne située au sud de la Médina de Tunis, près de Bab Jedid. Depuis l’Indépendance, l’endroit s’est transformé en mosquée. Aujourd’hui, elle fait office de centre culturel restauré. Le théâtre Dar Ben Abdallah ou Tahar Haddad est un lieu privé, ouvert au public à des horaires précis, mais il renferme scène de théâtre ou de musique, cinéma, café / buvette avec tables sous des voûtes au plafond qui datent du XVIIIe siècle et un jardin.

Dar Ben Abdallah

Au sud-ouest de la Médina de Tunis, il est très difficile de passer à côté de Tourbet el Bey : Tourbet El Bey est la nécropole des princes de la dynastie husseïnite—et de leurs familles— qui a régné sur la Tunisie de 1705 à 1957. Le monument Tourbet El Bey date de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. De forme quadrangulaire, il est percé sur le côté extérieur de fenêtres rectangulaires. Sa terrasse a été ornée de coupoles dont les principales ont été recouvertes de tuiles vertes rondes en forme d’écailles.

Un autre joyau architectural du XVIe siècle reste incontournable : Dar Ben Othman. Ancien palais d’Othman Dey, situé au 16, rue Al Mebazaâ, dans la partie sud de la Médina de Tunis, il est de style hispano-maghrébin. Il est connu pour sa façade attrayante et son imposante porte. Dar Ben Othman a été construite par Othman Dey qui a accueilli les andalous expulsés.

Toujours aux environs de Tourbet El Bey, la mosquée El Koubba : il s’agit d’une petite mosquée tunisienne de la Médina de Tunis datée du XIe siècle et située au 41, rue Tourbet El Bey.  On la surnomme Mesjed.

Il y a aussi la Medersa, la Slimania, l’école historique par excellence. Édifiée en 1754 par Ali 1er Pacha à la mémoire de son fils Suleimane, cette Medersa se situe dans le voisinage direct de la mosquée Zitouna, à l’angle du souk El Koutbiya et du souk El Kachachine. Elle a été reconvertie en centre culturel également.

Tourbet El Bey

Place maintenant aux divertissements incontournables de la Médina, qui demeurent également traditionnels et perdurent dans le temps. Le point de vente le plus achalandé en matière de plantes médicinales et de senteurs, ce sont  les boutiques d’herbes médicinales de Souk El Blat. Dès leur ouverture, une large clientèle se rue pour se procurer les herbes. Les boutiques sont garnes de plantes médicinales. Des étagères soigneusement rangées, des bouteilles et des flacons entassés comblent l’espace. Un endroit où se mêlent les parfums de lavande, de thym et de romarin.

Un peu plus loin, au pied de la mosquée Zitouna, il y a la pâtisserie spécialisée en vente de tartelettes aux fruits. Le café pittoresque  El Anba fait office d’escale après avoir traversé les dédales du Souk : un jus frais, un thé ou un café est indispensable, sous sa Anba et sa verdure. Le café, doté d’une vue panoramique à couper le souffle sur le toit du palais de l’Orient : il y a, en effet, la boutique et le café où vous pouvez vous reposer. Les restaurants Dar Belhaj, chez Slah, Dar El Jeld ou Fondouk El Attarine demeurent des adresses phares si vous désirez voyager à travers vos plats. Pour finir, nous rendrons visite à l’un des derniers tisseurs de safsari : dans un petit local dont la porte est toujours ouverte, ce tisseur fabrique les safsaris à la main. La confection d’un safsari lui prend en moyenne six heures. Les safsaris sèchent ensuite pendant deux jours avant d’être mis à la vente.

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