Pour Qalb Tounès, les vents qui soufflent ne sont pas favorables. Sa fenêtre de tir ne cesse de se réduire après l’arrestation de son chef, Nabil Karoui. Depuis, les membres de sa coalition à l’ARP ne savent plus à quel saint se vouer pour remettre à flot une coalition qui risque de voler en éclats à tout moment. La question qui taraude les responsables du parti est : faut-il placer l’intérêt de la patrie au-dessus de celui du parti et l’intérêt du parti au-dessus de celui de leur chef, Nabil Karoui? Peu d’informations ont filtré après l’audience accordée par le Chef du gouvernement à une délégation du groupe parlementaire de Qalb Tounès. Pour Hichem Mechichi, il est indispensable de veiller à la préservation de l’unité du bloc. Il a fort besoin de ce noyau sans lequel la ceinture qui protège son action gouvernementale s’effriterait. Pour les députés de Qalb Tounès, il faut mettre fin à l’incarcération de leur chef soupçonné « d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent ». La monnaie d’échange ? La concession sur certains portefeuilles ministériels lors du prochain remaniement. Pourtant, Mechichi semble avoir plus d’un tour dans son sac. Il a indiqué que l’affaire Nabil Karoui est entre les mains de la justice, soulignant sa confiance en l’engagement des députés du bloc Qalb Tounès à poursuivre leur rôle parlementaire et à préserver l’unité du bloc.

Autrement dit, le moyen le plus facile pour reprendre du poil de la bête à l’ARP est de laisser la justice détruire le malade et le parasite. Une fois ce bloc parlementaire décapité, il sera facile de prendre les rênes de cette coalition. Mais il n’est pas question de laisser des députés qui ne sont liés que par leur « fidélité » à leur chef en butte à toutes les sollicitations partisanes ou lobbyistes. Mechichi fera tout pour les garder dans son giron. Le temps se chargera du reste. Autrement dit,  l’ardeur des mobilisations pour libérer Nabil Karoui s’estompera d’elle-même auprès de ses camarades qui « vont laisser la justice faire son travail ». Karoui ne pourra pas bénéficier de la même compassion et ferveur dont il a bénéficié quand il fut emprisonné pendant la campagne électorale. Pour la chaîne télé qui restera l’unique tribune médiatique à défendre son patron, c’est à la Haica de la mettre au pas à coups d’amendes et de pénalités. Le cœur de Qalb Tounès bat déjà à un rythme mystérieux, le « lion » qui rugit derrière les barreaux ne fait plus peur à personne.

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