Influencées par les photos, souvent photoshopées des stars hollywoodiennes avec leurs silhouettes élancées et leurs courbes fermes et rebondies, les femmes, mais aussi les adolescentes, se mettent, de plus en plus,  la pression pour avoir le corps “parfait”, qui répond aux diktats de la beauté, véhiculés par les médias et les réseaux sociaux.

Jambes galbées, poitrine opulente et courbes incendiaires, la silhouette en X fait désormais partie des nouveaux canons de beauté. Les photos d’influenceuses et d’égéries de marque de produits cosmétiques, avec leurs tailles de guêpe et leurs poitrines généreuses, font florès sur Instagram. Avoir un corps comme celui de Kim Kardashian, “icône” de style des nouvelles générations, est devenu une obsession pour plusieurs  femmes jeunes et moins jeunes. Alors que beaucoup optent pour les exercices physiques pour soi-disant raffermir et tonifier leurs corps, certaines n’hésitent pas à recourir à la chirurgie esthétique, très souvent onéreuse. Leur seul souci est d’avoir un corps qui ressemble aux starlettes d’Instagram. Des clichés souvent retouchés aux filtres. Faute d’argent, certaines jeunes filles ne manquent pas d’idées pour se donner des rondeurs et préfèrent des solutions bon marché, comme les sous-vêtements rembourrés en silicone pour embellir leurs silhouettes. «D’habitude, je ne porte pas ce genre de lingerie, mais j’ai été tentée une fois d’en essayer, à l’occasion de la cérémonie de mariage de ma sœur. C’était marrant de voir comment ma silhouette a changé ! », témoigne Athar, 31 ans, d’un ton amusé. Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram, beaucoup d’adolescentes s’amusent à dégoter les bonnes affaires, en scrutant  les pages spécialisées dans la vente de ces sous-vêtements, à des prix modiques. «J’ai déniché des sous-vêtements en silicone dans une boutique de prêt-à-porter. En les portant, je trouve que mon corps est plus harmonieux. Je vais continuer à m’en servir jusqu’au jour où je me ferai opérer pour une augmentation mammaire», avoue, Khadija, 21 ans, étudiante en commerce et management. Mais derrière ces efforts faits par les femmes dans le but de se conformer aux standards et aux idéaux  de beauté, transmis par les médias de masse et les réseaux sociaux, se cache une insatisfaction corporelle, renforcée et alimentée par les clichés, très souvent, faussés. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’ y a ni mensurations parfaites ni corps idéal. Les normes de beauté varient selon les cultures et les sociétés à travers le monde. «Les problèmes liés à la perception du corps  existent dans plusieurs cultures et sociétés. Ils émanent des pratiques parentales intériorisées dès le jeune âge de l’enfant, qui mettent en valeur le corps conforme aux normes de beauté qui varient d’une société à l’autre»,  explique la sociologue Latifa Tajouri. Cependant, les adolescentes demeurent les plus susceptibles d’être influencées par les médias de masse et ont donc tendance à s’aligner aux idéaux de beauté. «Pour les adolescents, le corps est fondamental pour se construire une identité. L’estime de soi se développe à partir du regard que porte l’autre sur notre corps. C’est pourquoi l’adolescent(e) veut plaire. Son corps subit des changements physiologiques. De nouveaux organes, en l’occurrence les seins pour les filles, vont apparaître et se développer.  Elle a une image préétablie des mensurations idéales.  Dans le cas contraire, elle va être déçue, et elle va être constamment en quête de solutions qui vont lui permettre de se conformer au corps promu en tant que corps parfait, qui a plus de chance de plaire au sexe opposé, ainsi qu’ à la société d’une manière générale», précise la sociologue. Elle ajoute : «Dans tout cela, l’enjeu réside dans la quête d’un positionnement social. On sait tous que le rôle social que joue la personne est toujours lié à son statut. Plus l’individu est physiquement accepté, plus ses chances d’occuper un statut social élevé sont importantes. L’objectif n’est pas uniquement de plaire au sexe opposé, mais aussi d’être reconnu. Mais, d’une manière générale, les adolescents portent toute leur attention à leurs corps pour mieux se positionner dans la société. Il ne faut pas oublier que notre société présente, aussi, un terreau favorable à cette catégorisation, basée sur les standards de beauté. L’acceptation de son corps n’est pas uniquement un travail individuel, mais il dépend, aussi, de l’entourage dans lequel on a grandi et qui, sous nos latitudes,  a généralement tendance à stigmatiser la différence», a-t-elle conclu. 

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