Certains élèves tunisiens confinés chez eux depuis trois semaines (programme français), vacances obligent, conjuguées aux cours à distance programmés, ne demandent qu’à reprendre le chemin des classes pour soulager leurs parents, parfois trop sollicités.

La reprise des cours lundi dernier pour de nombreux écoliers tunisiens n’est que la partie immergée de l’iceberg, liée au déroulement normal de la scolarité. Car à y voir de plus près, avec les difficultés que connaissent leurs homologues du programme français confinés malgré eux, pour des convenances exogènes, on n’est pas sorti  de l’auberge. « Plus de cours, moins de vacances » a-t-on annoncé sur nos colonnes au début de l’année scolaire en cours. Soit, mais force est de constater que la tendance à rattraper le temps perdu en quelque sorte sur l’année scolaire de la saison écoulée est un fardeau pour les élèves, issus notamment du programme tunisien, dont on ne mesure pas  encore les conséquences. 

Pour leurs compères de la mission française, logés à la même enseigne, la reprise, prévue aujourd’hui 11 janvier 2021, est attendue avec grand soulagement par les élèves et les parents qui n’en peuvent plus d’être tiraillés entre leurs obligations professionnelles et familiales.  Après quasiment trois semaines de vacances à la maison, pour de nombreux établissements scolaires, enfants et parents sont au bout du rouleau. Mieux encore, la troisième semaine qui s’achève propose des vacances studieuses avec d’interminables devoirs en ligne et des cours à distance pour ne pas perdre de temps sur le programme de l’année. L’usage massif d’internet implique fortement les parents lorsque leurs enfants sont au cours primaire notamment et n’ont pas acquis la manipulation complète des outils NTIC.

Force est de constater que les enseignants et éducateurs ont tendance à recourir intempestivement aux cours à la maison et devoirs en ligne dès que l’occasion se présente à eux, avec le court confinement programmé, comme pour mieux meubler l’emploi du temps des élèves. Le retour de l’étranger des instituteurs qui implique nécessairement une période de confinement n’explique pas qu’on confine tout le monde à la maison. Enfants, parents et enseignants se retrouvent à dialoguer, échanger et discuter sur les nombreuses plateformes en ligne et applications pour la visioconférence comme « google meet, zoom » et bien plus encore ! Toutefois, il est admis que seulement le quart du temps de cours normal est prodigué via des visioconférences pour ne pas trop solliciter les jeunes et adolescents sur les écrans.  Car pour les parents d’élèves du primaire, il est carrément demandé d’assister les enfants et de se connecter depuis la maison à l’ordinateur pour le cours en ligne. Pas toujours la meilleure méthode, ce plan B qui consacre la nécessité de recourir au numérique et au digital en permanence.

Certains élèves tunisiens confinés chez eux depuis trois semaines (programme français), vacances obligent, conjuguées aux cours à distance programmés ne demandent qu’à reprendre le chemin des classes pour soulager leurs parents, parfois trop sollicités. Il est loin le temps où les élèves vont tranquillement à l’école sans tous ces objets encombrants, même s’ils sont juste destinés pour un usage à domicile.

Enfants et parents à bout de nerfs…

On relève beaucoup de témoignages de parents à la fois révoltés et résignés quant aux conditions actuelles, fort  pénibles, de déroulement de la scolarité de leur progéniture, en temps de Covid. Pour les élèves de collèges et lycées, pour qui les choses semblent plus simples, la partie n’est pas gagnée d’avance, celle qui consiste à assurer pleinement à la maison. A partir du collège, le nombre de professeurs augmente et, par ricochet, les matières de façon considérable, ce qui nécessite beaucoup d’investissement de la part de l’élève à l’école et à la maison, surtout au plus fort de l’épidémie du coronavirus. « Pour les enfants, du coup, il y a moins de place pour leur bien-être, pour le plaisir de jouer et l’épanouissement », affirme une mère de deux collégiens inscrits au lycée Pierre Mendès-France (Mutuelleville). Comment expliquer que dès le primaire, les éducateurs censés ne pas donner autant de devoirs se gênent de moins en moins à le faire ?

 Il est vital pour les parents de voir leurs enfants sortir, pour aller sur le chemin de l’école en toute circonstance et ne pas être affligés par tant de sollicitations à la maison. Quand la réussite devient un défi et une bataille en permanence…

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Un commentaire

  1. sami

    11/01/2021 à 12:36

    S’il est un véritable système de matraquage et une machine irrésistible à l’abrutissement et à l’échec scolaire pour une partie de nos jeunes enfants c’est bien notre système éducatif. Qu’on fasse la comparaison avec le programme fr.,(voire américain, canadien), puis qu’on ait la force morale de ns regarder ds le blanc des yeux. D’ici 1 génération qu’on s’imagine 1 peu le type d’adulte qu’on aura et issu de notre école publique vs celui sorti de l’école étrangère, et notamment fr.: en terme d’épanouissement, de culture,,de curiosité intellectuelle, etc. Car malheureusement, notre forme n’a pas évolué depuis plus d’1 génération, voire a régressé depuis les années 70, et elle ira de mal en pis, au vu des résultats et des observations in situ..

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