Le départ de Younsi est imminent, mais à quel prix et quelle modalité de gestion des affaires du club d’ici aux élections ?


L’intervention de Wadii El Jary sur le plateau de la chaîne « Attessea » a confirmé la décision du président de la FTF de lever sa protection de Younsi. Les propos du président de la FTF et avant lui les décisions du Comité d’urgence fédéral montrent bien que Younsi n’a plus un grand champ de manouvre et n’a plus d’arguments pour conserver son siège. Les incidents de samedi dernier ont été la goutte qui a fait déborder le vase ; la colère du public clubiste a atteint des sommets vertigineux. L’annonce d’une date pour les élections n’aura pas suffi aux supporteurs qui exigent un remboursement des dettes , surtout les 12 millions de dinars qui empêchent le CA de qualifier ses recrues. Maintenant, la question n’est plus de pousser Younis et les quelques membres de son comité vers la sortie, mais de chercher un moyen de payer les dettes urgentes et de tenir des élections.  Mais avant tout, demander des comptes auprès de Younsi et ses collaborateurs. On ne veut pas relâcher Younsi avant d’évaluer son mandat et d’élucider les questions financières. C’est primordial pour éviter de répéter le scénario de Riahi qui a condamné le club et pris la fuite sans en assumer les conséquences.

Un mois pour payer 12 millions de dinars

Le dossier des dettes n’est pas si simple que cela. Il faudra régler 12 millions de dinars aux ex-joueurs et entraîneurs du club qui ont des sentences en leur faveur de la part de la Fifa. Si ce montant n’est pas réglé d’ici à un mois, le temps que le mercato hivernal est clos, les joueurs acquis ne seront pas qualifiés. On devra alors attendre jusqu’à juin, et si ce n’est pas fait, là le CA court de gros risques de sanctions lourdes (supression de points), alors que les joueurs acquis et pas qualifiés seront libres et demanderont leurs émoluments. Alors où est ce montant de 12 millions que Younsi a promis de régler il y a quelques semaines? Le transfert via la Banque centrale ne s’est pas fait encore. Les Clubistes auront-ils le temps et surtout l’argent pour le faire en un mois au plus tard ? La tranche relative au contrat de sponsoring d’une firme qatarie ne serait pas suffisant, encore faut-il demander est-ce que ça a été déjà dépensé ou non. La feuille de route de la période à venir devra prévoir des mesures concrètes pour régler cette somme colossale (mais finalement à la portée si on cherche un emprunt ou une collecte auprès des bailleurs de fonds du club).

Comité provisoire

Actuellement, le bureau de Younsi n’est plus «légitime» et doit préparer des élections, ou, selon les statuts du club, désigner un comité provisoire pour diriger les affaires jusqu’aux élections. C’est un point vague et pas encore explicité. Younsi veut quitter, mais à quel prix ? Il doit justifier sa gestion des deux dernières années. De plus, le public n’accepte pas la décision de permettre aux nouveaux abonnés seulement de voter lors des futures élections. Tout un imbroglio pas encore géré comme il le faut avec des acrobaties juridiques ici et là sans qu’il y ait quelque chose de concret. Aujourd’hui, la vue n’est pas claire du tout. Entre-temps, l’équipe souffre avec un effectif novice, l’image du club est ternie pour son centenaire, et les efforts restent désordonnés pour trouver l’issue. Rien de concret qui puisse rassurer les supporteurs, ainsi que les joueurs. Autant Younsi est esseulé, autant il peut négocier sa sortie même avec un petit champ de manœuvre. Cela, en l’absence des figures emblématiques et des mécènes du CA qui ont choisi un silence «coupable».

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