EN un mois, plus de 28 millions de doses de vaccin contre le Covid-19 ont été injectées dans environ 46 pays, selon le directeur chargé des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan.

Malgré la vitesse de transmission constatée ces dernières semaines, l’explosion du nombre de décès et l’apparition inquiétante de nouveaux variants du virus, les autorités tunisiennes sont encore perplexes et peinent à fournir des informations exactes et rassurantes quant à la date envisagée pour vacciner les citoyens.

Tout ce qu’on sait, c’est que les premières doses de vaccin seront livrées durant le deuxième trimestre de 2021. Alors que cinq pays arabes ont déjà commencé à vacciner leurs citoyens, à savoir le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Koweït, et que trois autres (le Maroc, le Soudan et le Sultanat d’Oman) ont reçu leurs premières commandes,  notre pays est encore sur la liste d’attente. C’est pourquoi le Chef de l’Etat a convoqué les membres de la commission scientifique de lutte contre le coronavirus pour s’enquérir des difficultés qui entravent l’octroi du vaccin à l’instar des 46 pays qui ont pu l’obtenir depuis le mois de décembre. Il a ainsi chargé le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Othmen Jerandi, d’effectuer les concertations nécessaires avec ses homologues dans les autres pays qui ont réussi à fabriquer un vaccin anti-Covid efficace. Mais il semble que l’annonce faite dans ce cadre sur une livraison algérienne du vaccin au profit de la Tunisie a été mal perçue. Certes, la question qui taraude les Tunisiens est : pourquoi le Maroc et l’Algérie vont disposer du vaccin avant nous ? La réponse est simple : il y a une défaillance à ce niveau et une enquête doit être diligentée pour déterminer les responsabilités. Car on ne peut pas passer sous silence une question de santé publique alors que chaque jour qui passe sans vaccin cause le décès de plus de 50 personnes. 

Et ce n’est pas une question de moyens. Le prix moyen du vaccin anti-Covid ne dépasse pas les dix dollars. Les Tunisiens n’ont pas demandé à ce qu’il soit administré gratuitement. Ils sont prêts à payer pour leur santé. Ils revendiquent simplement sa disponibilité. Et là on nous demande de patienter encore. Comme si notre infrastructure sanitaire pouvait supporter la pression des malades et comme si nous avions assez de lits de réanimation ou de médecins pour faire face à cette pandémie qui s’est propagée à une vitesse inquiétante. Et la diplomatie est venue prêter main-forte pour préserver la santé des Tunisiens et elle ne doit nullement être mise sur le banc des accusés à la place des vrais coupables dans l’échec enregistré dans la gestion de ce dossier. En effet, ce retard résume l’échec par lequel passe notre pays à tous points de vue. Il n’y a pas de quoi être fier après dix ans de révolution. Ce fut tout simplement le règne des incapables qui ont mené le pays à sa perte. Le jour de la reddition des comptes viendra.

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Un commentaire

  1. Lakoudi

    30/01/2021 à 18:48

    C’est d’une tristesse affligeante, pas parce que nous serons les derniers à se faire vacciner mais à cause de ces incompétents qui nous gouvernent. N’importe quel analphabète inculte ignare aurait su mieux faire et ce n’est pas que dans la gestion de cette pandémie.
    De toute façon, j’ai bien peur que d’ici que le vaccin arrive, que l’on soit immunisé rien qu’à voir le taux d’incidence moyen global d’autour de 30%, voire plus dans certaines régions depuis quelques bonnes semaines.

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