Même pas beau, pourtant, Willis from Tunis, le chat inspiré d’une chatte acariâtre selon sa créatrice-maîtresse Nadia Khiari. La moustache venimeuse, le regard torve et la langue acérée, il est ce qu’il y a de plus politiquement incorrect en nous. Ce que quelquefois on aurait honte de penser, mais qu’on est ravi de lui voir exprimer. Car ce félin bilieux, au dessin sommaire, sait tout, voit tout, n’oublie rien et appuie là où cela va faire mal. Il est notre catharsis, notre bon-mauvais génie, il est celui qui n’a pas le filtre de la bienséance, de la réflexion timorée, et du ce qui se fait et ne se fait pas. Willis est un chat libéré, insolent, irrespectueux et méchant, et sait nous faire rire quand il faudrait peut-être nous faire pleurer.

Je ne connais pas Nadia Khiari, la dessinatrice auteure de ce chat de la révolution — faut-il dire révolutionnaire ? Et faut-il croire qu’il y a cru, lui, qui ne croit en rien ? — mais je salue son talent, son sens de l’à-propos, de la dérision, de la cruauté quelquefois nécessaire. Par la langue acérée de Willis le chat, elle résume, mieux que tout analyste politique, ces dix années chahutées, chaotiques, pleines d’espoirs et de désespoirs, de foi et de déceptions.

Et je la remercie pour ce Willis qui nous fait du bien.

Souhaitons- lui longue vie.

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