Le Programme «Economy First» s’est assigné comme objectif de focaliser la prochaine période ainsi que les programmes politiques pour les prochaines élections sur l’économie.
L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) prévoit l’organisation d’une série de tables rondes avec les partis politiques, convaincu que «malgré la difficulté et la sensibilité de la situation, s’il y a une volonté politique, des compétences et des capacités, la Tunisie peut s’en sortir», souligne M. Majdi Hassan, directeur exécutif de l’Iace.
À travers ces rencontres, les chefs d’entreprise tenteront de transmettre aux partis politiques leurs visions et leurs actions futures qu’ils peuvent prendre en considération dans leurs programmes économiques réalisables.

Reprise de la production
Concernant l’élaboration de la Loi de finances 2020, M.Hassen précise que le gouvernement n’a aucune marge de manœuvre. La seule alternative est de trouver des solutions concrètes aux problématiques qui existent et de nouvelles ressources de financement, autres que l’endettement. La reprise de la production de phosphate ou du pétrole, la réduction des dépenses des entreprises publiques…etc, permettent de sortir de l’impasse.
Le cycle des conférences inscrites dans le Programme «Economy First», lancé par l’Iace, a démarré le 8 mai dernier pour s’achever le 17 juillet prochain, visant à débattre des défis et problématiques économiques qui nécessitent une vision commune. L’objectif étant, également, d’établir une feuille de route en vue de mettre en place les réformes nécessaires.
Le Programme se fera sur quatre phases. La première étape renferme des débats et des tables rondes ramadanesques sur les défis économiques comme la rareté des financements, la crise des caisses sociales et le déficit énergétique. La deuxième sera axée sur les attentes dans les différents domaines, comme la maîtrise de l’inflation et la dépréciation du dinar.

Besoin d’unité nationale
La troisième étape verra le lancement, durant les mois de juillet et août, de la plateforme de l’économie pour l’évaluation des programmes économiques des partis politisés. Enfin, la quatrième étape sera consacrée au démarrage, du mois de septembre à octobre 2019, de concours économiques entre les différents partis politiques.
D’après l’Iace, «les partis politiques sont désormais conscients que les choix économiques sont limités et que les indicateurs économiques et financiers se sont gravement détériorés d’autant plus que les marges de manœuvre dans l’économie sont désormais épuisées. Cela veut dire que toutes les promesses électorales y compris celles en relation avec l’économie seront mal perçues».
Selon la même source, la Tunisie d’aujourd’hui a plus que besoin d’unité nationale et d’une solidarité gouvernementale, «en mettant la priorité sur notre économie au détriment de tous les acteurs politiques.
La situation économique actuelle nous laisse, en effet, prévoir que l’année prochaine serait beaucoup plus difficile, notamment au niveau de l’élaboration de la Loi de finances 2020 puisque les ressources financières du gouvernement seront très limitées et la dernière décision de relever l’âge de la retraite à 62 ans n’apporterait rien parce qu’il n’y aura pas de sorties de la fonction publique pendant au moins deux ans». Du coup, le poids de la masse salariale dans le PIB demeure élevé et rien ne changera à ce niveau.
Pour faire sortir le pays du marasme financier et économique, la seule solution doit être basée sur les réformes, «mais cela ne pourrait être atteint qu’en réduisant nos dépenses et en trouvant les financements supplémentaires pour financer l’investissement, le développement régional, l’infrastructure et la connectivité. Or, les partis politiques ont trop peu de marge de manœuvre et ne peuvent pas trouver des solutions miracles à la crise économique qui sévit depuis des années dans le pays. Personne ne peut aussi nier les contraintes de la loi de finances 2020, une loi qui ne peut pas donner de l’air au prochain gouvernement».

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