Abdessalem Younsi contre-attaque, tord le cou à ses détracteurs et prend le contre-pied des conclusions et affirmations du président de la FTF, Wadï Al Jari. Voilà, en substance, où en est le CA, au point mort et retour à la case départ ! Dans un récent communiqué donc, le président du Club Africain a de nouveau conditionné son départ et a surtout accordé aux « repreneurs » un délai jusqu’à aujourd’hui pour apporter de solides garanties qui permettront d’assainir au plus vite, dans les délais impartis, la situation financière. En clair, Younsi ne tourne pas autour du pot. Les éventuels successeurs à la « magistrature suprême » devront s’acquitter de 12 millions de dinars d’ici au 25 janvier ! Dans le cas contraire, une fois que la date butoir sera dépassée, la «validité de l’offre » prendra fin ! Et le président du CA se chargera lui-même de  régler les sommes dues à la Fifa, tout en demeurant président. Younsi a également promis de lever le voile sur plus d’une zone d’ombre et de communiquer plus amplement dorénavant. Enfin, pour revenir à la dernière sortie médiatique du président de la FTF, ce dernier n’ayant pas pris de gants pour aborder l’avenir du CA.Si Abdessalem Younsi a mis en avant sa légitimité en tant que président élu ( légitimité qu’il tire des urnes),  Wadï Al Jari n’a quant à lui pas manqué de rappeler que le bureau clubiste est considéré comme dissous selon les textes du comité électoral indépendant de la FTF. Le président de la FTF craint même le pire pour un CA menacé de purgatoire s’il ne règle pas les premiers 12.5 millions de dinars demandés par la Fifa d’ici à l’été !

Le CA n’est donc pas sorti de l’auberge. Telle une société menacée de manière permanente du dépôt de bilan et d’un « redressement », il doit agir dans l’urgence et dans la précipitation. Compte tenu de l’extrême urgence liée à une situation financière obérée et accablée de dettes, il doit au plus vite fournir des fonds et s’employer à lever des liquidités qui lui permettront de « calmer » la Fifa et ses créanciers. Il s’agit aussi de tout faire pour bloquer le processus des sanctions (interdiction de mercato, retrait de points, relégation…). Pour cela, il faudra honorer ses échéances et payer ses dettes dans les temps. Aujourd’hui, le montant des dettes exigibles accumulées par le CA est abyssal. Les procédures engagées contre ce club centenaire sont quant à elles irrécusables. Et il va donc bien falloir s’y résoudre à terme. Bref, aucune poursuite ne sera bloquée et une solution de relance doit rapidement être trouvée. Il faut agir au lieu de se contenter d’observer. Car en l’état, pour les figures clubistes emblématiques, appliquer la politique de l’autruche se résumerait à être le fossoyeur du CA ! Toujours à propos des litiges et autres plaintes d’ailleurs, récemment, le Nasr Hussein Dey vient de s’en remettre à la Fifa. Le club algérien réclame 200 000 euros suite au transfert du joueur Zinedine Botman. Un de plus ! La Fifa a fixé le délai de règlement de ce dossier au 2 avril 2021.

Fossoyeurs et bienfaiteurs…

Malmené sur le rectangle vert, le CA l’est tout autant dans l’hémicycle de la Fifa et de la FTF. Contraint à une véritable cure d’austérité, volet sportif, il doit donc faire avec les moyens du bord. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais avec un groupe composé de jouvenceaux, sans métier et manquant cruellement de formation à la base, il ne peut aller loin. Et qui veut aller loin, doit forcément ménager sa monture ! Ce qui n’est pas le cas d’un CA qui ne dispose même pas de cette profondeur du banc qui lui permettrait de ne pas s’essouffler. En football, l’on dit souvent que des chiffres valent souvent bien plus que de longs discours. Et au CA, les statistiques des joueurs permettent de comprendre les raisons des indispositions à répétition clubistes en championnat. Ainsi, parfois, c’est donc surtout du côté de la profondeur du banc que les regards doivent se tourner pour comprendre la mauvaise passe clubiste. Quand on n’a pas un groupe élargi, c’est problématique. Quand on enchaîne les matches, ça laisse des traces. Il faut des joueurs frais pour un CA qui a tout connu en coulisses et sur le terrain, depuis quelque  temps déjà ! La saison sera longue. Et dans ce contexte, cette saison, il y a une histoire à achever sans verser dans le mélodrame, ni dans la tragi-comédie. Bref, avant de penser à la suite que tous espèrent belle, il faut boucler le chapitre actuel !Et son épilogue est au moins aussi important que le prochain tome de l’histoire du CA.

Aujourd’hui, un léger mieux a été entrevu à Bizerte face au CAB et contre l’Etoile en championnat. Sauf qu’à l’avenir, Lotfi Rouissi, Karim Bouaicha et les siens devront persévérer et s’appliquer davantage. Pas question de lâcher ou donner du lest. Les prochaines semaines vont conditionner l’avenir. Car même si l’on ne l’aborde qu’à demi-mots, avec cette position, le CA reste à portée de fusil de la zone de relégation. Certains clubs ambitionnent même de lui passer devant et de l’expédier au purgatoire (c’est de bonne guerre!). Voilà où en est le CA. Les coéquipiers de Bassirou doivent maintenant dépasser l’humiliation du dernier tiers du classement. Et cela pourrait représenter un ultime challenge, avant de passer à autre chose peut être…Ne pas brûler les étapes cependant. Le CA doit tout d’abord quitter le magma et retrouver de la hauteur. Il ne peut plus se permettre de naviguer dans les profondeurs de la Ligue. Car au CA, par moments, c’est comme si le risque de voir cette escouade  grandir de jour en jour. Parfois, l’on a même craint que le relâchement ne soit presque programmé, tellement ce groupe ne semblait pas concerné ! Or, quand on porte la casaque clubiste, quelle que soit la situation du club, l’on ne peut se  contenter d’assurer le service minimum. C’est navrant de le dire, mais en l’état, l’individualisme semble avoir pris le pas sur l’intérêt collectif depuis belle lurette. Joueurs prêtés, en fin de contrat ou sur le marché, ont tous en tête leur avenir. Sans oublier l’entraîneur  qui a judicieusement quitté sur la pointe des pieds vers un club concurrent. C’est comme si tous ces clubistes de passage ont juste encore quelques mois à boucler ! Au CA tout est précaire, à la fois provisoire et intemporel ! Actuellement, le CA n’a plus de direction opérationnelle. Au quotidien, le personnel administratif et sportif est en pilote automatique ! Or, l’avenir clubiste se dessine maintenant. Une énième erreur de casting en haut de la pyramide plomberait le club pour des années encore, alors que ces formidables fans attendent un nouvel élan pour se relancer durablement. La passion, la ferveur populaire, le mélange des horizons. Culturellement, le Club Africain est la parfaite représentation de ce qu’est la Tunisie, un pays ouvert sur le monde. Et que dire de la passion que le club suscite. Au-delà du supporter, la passion est suscitée partout en Tunisie. Il suffit d’écouter un débat sur le CA pour comprendre à quel point cette équipe ne laisse personne indifférent.  Il est donc temps d’épargner ce club centenaire et de l’ancrer de nouveau au panthéon des institutions sportives tunisiennes.

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