Pur produit de l’Etoile du Sahel, il était pourtant prédestiné à une carrière de… lutteur comme son père! Un énorme Mondial pour ce jeune.


Tous les Tunisiens épris de handball vous diront : Mohamed Amine Dermoul fut incontestablement le meilleur joueur du sept national au vu des matches disputés jusqu’ici dans le cadre du championnat du monde qui se déroule actuellement en Egypte. En effet, bien que trapu et manquant d’expérience internationale, il a éclipsé camarades et adversaires à la faveur de ses étonnantes qualités techniques, physiques et mentales. Au point de marquer des buts sur actions personnelles inouïes, et cela en sautant les citadelles adverses ! Comment ce garçon a-t-il pu abattre des gladiateurs dressés contre lui, devraient s’interroger les observateurs étrangers qui lui prédisent un avenir radieux. Et pourtant, avant ce Mondial, presque personne ne prévoyait la détonation d’une si terrible déflagration du jeune loup de Sousse. On attendait plutôt le pro Mohamed Soussi, titulaire en force du poste de demi-centre, ou alors son premier remplaçant Khaled Haj Youssef. Non, le sélectionneur Sami Saïdi cachait, depuis Tunis, une autre carte. Et cela, en lançant, contre toute attente, le petit Dermoul dans le bain dès le match d’ouverture contre la Pologne. Premier coup d’éclat retentissant suivi, 24 heures après, d’une autre prodigieuse sortie devant les Brésiliens. Et malgré la défaite contre l’Espagne, il a fait dérouler encore une fois son talent. Suffisant pour que tout le monde lui tire le chapeau. Un très grand joueur (et nous mesurons le qualificatif) vient de naître.

Le lutteur devenu handballeur

Pour en savoir plus sur ce jeune prodige qui a marché sur Le Caire, sachez que ce natif de la Perle du Sahel était prédestiné à une carrière de… lutteur. Non par amour pour ce sport, mais par hérédité, son père Abdelhamid ayant été un champion de Tunisie en la spécialité. Sauf que, par hasard, son copain de quartier le conduisit à une séance d’entraînement de l’ESS. C’était le coup de foudre. Adieu lutte, à moi le handball, n’en déplaise à papa ! Immédiatement, le jeunôt, qui ne paye pas de mine, est pris en charge par l’entraîneur-formateur Habib Brahem qui lui inculquera l’ABC de la petite sphère. Ensuite, il sera pris en main par le technicien Moez Ben Amor dans la catégorie des cadets. Le centre de formation de handball à Mahdia sera le grand tournant de la destinée de Dermoul. C’est le coach Riadh Bedoui, chasseur de talents par excellence, qui s’en occupera, deux ans durant, dans ledit centre, en faisant de lui un joueur réellement compétitif, avant de le convoquer en sélection des cadets, dirigée alors par le même Bedoui, et avec laquelle il gagna le titre africain en 2016, ponctué d’une honorable participation, un an plus tard, au championnat du monde de la catégorie. Ainsi formé sur des bases solides, le titi de Boujaafer n’avait plus qu’à voler de ses propres ailes. La chance lui sourira dès l’avènement de Sami Saïdi à la tête des seniors de l’Étoile. Dévoreur de jeunes talents, ce dernier ne tarda pas à le tirer de l’équipe cadette. Depuis, il était devenu l’un de ses atouts, l’une de ses principales forces de frappe. Hélas, cela… déplaisait à l’ex-entraîneur national Tony Gerona qui continuait curieusement de lui imposer le banc des remplaçants… jusqu’au jour où Sami Saïdi lui succéda pour réparer l’injustice et faire de Dermoul ce qu’il est aujourd’hui.

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