Il est grand temps que les autorités sanitaires confèrent davantage de visibilité à la stratégie nationale de vaccination avant que les choses n’empirent…


Au  moment où dans de nombreux foyers de la planète la campagne de vaccination contre la maladie de la Covid-19, qui fait rage depuis plus d’une année, évolue à grands pas, en Tunisie on est largement à la traîne. Après avoir dépassé le stade du sondage d’opinion en faveur ou défaveur de la vaccination des laboratoires BioNtech ou Pfizer prôné par Sigma conseil, en corollaire des doses promises par le ministère de la Santé de deux à six millions unités, le bât blesse. On ne compte plus le nombre de cas contaminés au virus Sars-Cov-2 et de décès quotidiens, si bien qu’il a fallu procéder au confinement général durant quatre jours. Une situation intenable, puisque le recours aux gestes barrières ne marche pas à long terme et qu’il faut se forcer tout le temps et en toutes circonstances de porter la bavette, ce qui n’est jamais gagné d’avance vu le relâchement inexplicable, du reste, d’une partie de la population…qui en fait baver les autres, les plus rigoureux car ce sont les « bons » citoyens qui paient pour les « mauvais ».

D’un autre côté, la gestion de la crise sanitaire du coronavirus connaît de gros couacs et provoque l’ire de la population locale, si bien que certains députés, à l’instar de Yamina Zoghlami, commencent à regretter la période du mandat d’Abellatif El Mekki, alias « le général », ministre de la Santé au début de l’épidémie sur notre territoire qui avait réussi à éviter le pire en anticipant sur les dégâts humains avec la fermeture précoce et rapide des frontières, notamment. Car il n’y a aucune commune mesure entre les sombres statistiques depuis deux ou trois mois au moins, avec celles du premier semestre 2020. On le répète, l’ouverture massive des frontières a été la goutte de trop dans la mauvaise gestion de la pandémie en Tunisie, sous prétexte de sauver la saison touristique et de respecter certains impératifs économiques. Un raté de taille que la Tunisie et ses citoyens paient au prix fort jusqu’à aujourd’hui, ce qui a conduit au durcissement des  mesures consistant notamment au rallongement du couvre-feu la semaine passée qui a été fixé à 16h00, même s’il a été, par la suite, rétabli à 20h00, lundi dernier. Ailleurs, sur le globe terrestre, on avance avec une stratégie claire, comme à Dubaï qui promeut sa destination avec le tout nouveau concept du « tourisme vaccinal » et la manne financière ou le flux de devises que cela va constituer pour les Emirats arabes unis, pendant que d’autres, moins développés continuent de recourir à la « charité » du Fonds monétaire international. Plus haut en Europe, comme en France, plus de 422.000 personnes ont été vaccinées au vaccin appelé Pfizer du nom de la société pharmaceutique américaine qui le commercialise, même si on ne connaît pas les retombées des éventuels méfaits sur la santé à terme qui nécessitent six mois de recul au moins. A contrario, cela nous amène plus haut encore en Scandinavie, où la Norvège a lancé une alerte mondiale à cause du vaccin Pfizer, justement, qui serait responsable de la mort de 23 patients positifs à la Covid-19. La Tunisie peut tirer profit de cette nouvelle réalité mondiale des campagnes de vaccination, à condition d’entreprendre sa propre approche et stratégie en la matière. Pour l’heure, le tâtonnement reste de mise, puisqu’on est enfin au stade de dépistage relativement massif au moment où de nombreux pays ont dépassé ce stade programmé pour la première vague de contaminations. Cela s’explique par le fait que de nombreux experts estiment que le pays vit réellement la première vague de contaminations au coronavirus et qu’au début de la pandémie en Tunisie, les cas de décès étaient rares.

«Les autorités ne parviennent pas à fixer un cap pour la campagne de vaccination et semblent naviguer à vue », peut-on lire sur certains médias régionaux la semaine dernière. Ce qui ne fait qu’ajouter au scepticisme et à l’inquiétude d’une partie de la population, le tout sur fond de troubles et de contestations populaires.

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