En votant hier la confiance aux onze nouveaux ministres proposés avec des scores qui dépassent largement le seuil exigé (109 voix), le coussin politique de Hichem Mechichi a bien fonctionné. Malgré les critiques virulentes du Chef de l’Etat quant à l’inconstitutionnalité du remaniement, le Chef du gouvernement a passé l’épreuve avec beaucoup d’aisance. Toutefois, le résultat, bien que favorable au Chef du gouvernement et au président du Parlement, ne met pas fin à la crise entre les deux têtes de l’exécutif.

Mais il met dans l’embarras le Président de la République qui va se trouver dans une situation très délicate après avoir annoncé formellement lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale que la prestation de serment des ministres «n’est pas une procédure formelle, mais une procédure fondamentale», faisant miroiter la possibilité de refuser que des ministres soupçonnés de corruption ou de conflits d’intérêts prêtent serment devant lui. Ce qui ferait entrer le pays dans une crise institutionnelle inédite dans un contexte sanitaire et socioéconomique délétère marqué par les manifestations et les contestations populaires.

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