La valeur, on le sait bien, n’attendant point le nombre des années, et les bonnes initiatives étant souvent l’apanage du jeune âge, c’est au tout récemment né Rotary club Sidi Bou Saïd Le baron, que revient cette belle opération.

La vocation que s’était donné ce club, déjà, se distinguait des traditions habituelles du très vénérable club à la roue. On savait le Rotary présent sur tous les fronts de l’action sociale et éducative. Moins dans le champ culturel et artistique. S’étant donné pour lieu de naissance Sidi Bou Saïd, et comme parrainage le Baron D’erlanger, musicien et musicologue réputé, ce club proposait une vocation nouvelle, et une volonté clairement définie de s’intéresser aux arts.

C’est par une belle manifestation alliant la musique et arts plastiques que ce club allait lancer son action. Rendant hommage au maestro récemment disparu, Slim Baccouche, le Rotary club Sidi Bou Saïd Le Baron commençait par demander à baptiser de son nom le conservatoire de Bizerte que dirigeait le célèbre musicien. Puis, on décida d’aménager, selon les normes techniques les plus performantes, le studio d’enregistrement quelque peu vétuste du conservatoire.

Pour ce faire, il fallait des fonds, bien sûr. Qu’à cela ne tienne, les responsables de ce club, galeristes et designers, baignant dans le monde des arts, firent appel à leurs amis photographes, peintres, stylistes, collectionneurs… Tous répondirent présents. Une belle collection d’œuvres d’art, tant tunisiennes qu’internationales, fut réunie. On put présenter un ensemble digne des plus belles expositions : un dessin de Khayachi, dont l’œuvre vient d’entrer dans les collections du British Museum, était offert par sa fille. Des toiles de Hbib Bida, Mounir Ltaïef que l’on regrette de ne pas voir plus souvent sur les cimaises. Des photos de Mouna Jmel et Marianne Catzaras. Une œuvre superbe, inspirée du soufisme de Bchira Triki, ainsi qu’un diptyque de Meryem Bouderbala, une toile de Sahnaz Hayder, des œuvres de Rym Karoui, Akkar, Hamadi Ben Saad, ont été réunies. Parmi les clous de l’exposition, on peut également citer une œuvre ancienne de Abderrazek Sahly et une somptueuse sculpture en marbre de Mara, artiste venue de loin, et séduite par la magie du village où elle s’est installée.

Des designers ont également tenu à participer à ce joli mouvement de solidarité : Chacha Atallah avec sa table iconique, Peggy, Anissa Meddeb et Zeïneb Abdelkafi avec leurs sacs vedettes. Et Fatma ben Abdallah avec ses broderies patrimoniales.

Selon une approche toute conviviale, les collections étaient proposées à la vente directe ou aux enchères, selon les circonstances.

Inutile de dire que le joli mouvement de solidarité qui a poussé les artistes a trouvé écho chez les acheteurs. Et que de nombreuses pièces ont d’ores et déjà été acquises. D’autant plus que cette action rotarienne n’étant pas une action commerciale, les prix ont été scrupuleusement étudiés. Le budget prévu pour l’aménagement du studio sera bientôt atteint. Et si l’on dépasse les prévisions, le reliquat permettra de soutenir une action d’initiation à la musique au lycée du village.

Petit Rotary deviendra grand.

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