Face à l’imbroglio constitutionnel à propos du sort réservé au remaniement ministériel opéré par Hichem Mechichi, Chef du gouvernement, et bloqué par Kaïs Saïed, Président de la République, refusant toujours que les nouveaux  ministres avalisés par les députés prêtent serment au palais de Carthage pour soupçons de conflit d’intérêts ou de corruption pesant médiatiquement sur certains d’entre eux, l’on est en droit de se poser la question suivante : y a-t-il, encore, en Tunisie, un sage à qui l’on peut recourir afin qu’il puisse, grâce à sa crédibilité, son expérience et son rayonnement, faire raisonner et le Président Saïed et le Chef du gouvernement Mechichi afin que le pays sorte avec le minimum de dégâts de cette crise sans précédent dans l’histoire de la jeune expérience démocratique ?

En d’autres termes, existe-t-il encore une personnalité politique ou provenant de la société civile pouvant se targuer d’avoir l’oreille attentive aussi bien au palais de Carthage qu’à celui de La Kasbah dans le sens qu’une mission de bons offices qu’elle pourrait entreprendre entre les deux protagonistes aurait la chance d’aboutir à une solution consensuelle à même de placer au-dessus de toutes les considérations l’intérêt supérieur de la nation et de préserver la crédibilité et l’image aussi bien du Chef de l’Etat que du Chef du gouvernement, soit une solution consensuelle qui mettrait un terme au blocage actuel, redonnerait espoir aux Tunisiens en cette période de méfiance et de suspicion suffocantes et contribuerait à restaurer la confiance auprès de nos partenaires étrangers et des pays frères et amis qui commencent à nous tourner le dos.

La déclaration significative de Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt et personnalité pouvant remplir les conditions de M. Bons offices et donnant l’impression ces derniers jours qu’il bénéficie d’une certaine audience auprès des palais de Carthage et de La Kasbah, est à même de constituer un signal que les bonnes volontés sont toujours déterminées, malgré les difficultés persistantes et les malentendus que certaines parties malveillantes ne font que renforcer, à jouer le rôle historique qui lui est imparti, celui de rapprocher les points de vue, d’encourager les parties en conflit à surmonter leurs différends conjoncturels et à se mobiliser, ensemble, pour que la Tunisie réussisse le pari de gagner sa transition démocratique.

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