«Les Mille et un films» en chiffres c’est 300 écoles ciblées : 20 élèves de chaque école, 6.000 écoliers touchés au bout de 3 ans. Tout s’est fait avec 10 formateurs sélectionnés. Enseigner le cinéma dans les écoles primaires et collèges se trouvant sur tout le territoire tunisien est un rêve de Moncef Dhouib et de son équipe devenu réalité.

Sans le soutien des anciens ministres de l’Education, Neji Jalloul et Hatem ben Salem, le CNCI et la fondation Rambourg, ce projet d’initiation du cinéma et de l’image aux enfants de moins de 14 ans n’aurait jamais vu le jour. Tout a commencé en 2016, sous silence.

La maîtrise du langage cinématographique, associée à l’outil informatique et à la toile, va permettre aux élèves d’avoir une pratique artistique permettant d’apprendre à regarder leur propre réalité et à l’interpréter à travers l’objectif d’une caméra, et ce, dès l’école primaire. L’idée consiste donc à initier les enfants à la technique de la prise de vue, et ce, à travers le lancement d’ateliers de formation dans les établissements scolaires.

La mission s’est étalée dans 300 écoles, réparties sur les 24 gouvernorats. À raison de 20 participants dans chaque atelier. Le nombre d’élèves ayant bénéficié de cette formation s’est élevé à 6.000 élèves au bout de 3 ans. Le travail s’est arrêté fin 2019, juste avant le début de la pandémie.

Le concept repose sur une méthode bien structurée consistant à envoyer des unités mobiles de formateurs dans les écoles, et d’atteindre en priorité les plus éloignées, dans les régions défavorisées. Les formateurs ont sillonné le pays, afin d’initier les élèves et les éducateurs aux règles élémentaires du cinéma et de l’image, se basant sur un manuel illustré et à la portée des enfants.

Les élèves étaient amenés à concevoir un sujet de reportage tiré de leur vécu et de leur environnement direct ; à y élaborer le scénario et dessiner un story bord pour ensuite le filmer de la façon la plus simple à l’aide d’une petite caméra numérique. Ce choix du reportage s’explique par le fait, qu’en raison de sa complexité, la fiction était éliminée de base car elle suppose énormément de moyens.

A l’heure actuelle, la réalisation de 200 petits films s’est faite par les enfants via des «exercices de pratique cinématographiques».  Maintenant que les films réalisés sont finalisés, ils seront projetés dans les écoles et donneront probablement l’envie aux enfants et à d’autres de participer, de continuer et de persévérer.

Le projet permettra à  des enfants en bas-âge de découvrir et de s’initier à de nouveaux métiers et donc de les prémunir de toute pensée extrémiste. Une grande exposition se fera prochainement pour présenter aux médias et au public le travail final des écoliers.

Charger plus d'articles
Charger plus par Haithem Haouel
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire