La chambre pénale spécialisée dans la justice transitionnelle de Tunis a examiné l’affaire des emplois fictifs de Tunisair. Il s’agit de la troisième audience consacrée à ce dossier mettant en cause quinze personnes, dont Saloua Mlika, nièce de l’ancien président, Ben Ali

Les accusés dans cette affaire sont : Zine-El-Abidine Ben Ali,  Rafaâ Dekhil,  Nabil Chettaoui, Mohamed Habib Ben Slama, Tahar Chaâbane Belhadj Ali,  Youssef Neji, Mohamed Ben Ali Ghelala,  Bechir Sassi, Abdelaziz Jebali, Hafedh Belkhiria,  Ahmed Selim,  Saloua Mlika,  Mohamed Laâbidi et  Hayet Ben Ali. Les faits  remontent à l’année 1996, lorsque l’accusée principale, Saloua Mlika, nièce de l’ex-président Ben Ali et sœur de Mehdi Mlika, ministre de l’Environnement sous l’ancien régime, est embauchée, sur la base de beaucoup de favoritisme, auprès de Tunisair en tant qu’agent administratif. Or le côté équivoque de ce recrutement ne s’arrête pas là, trois mois après, elle est détachée par la compagnie aérienne à la représentation de Tunisair à Paris. Un poste très convoité pour tous les avantages qu’il offre : un salaire enviable, 4.000 euros entre 2008 et 2010 et le droit à des billets d’avion en classe « business » pour elle, son mari et ses descendants.

La nièce empoche en tout… un milliard 200.000DT

De plus, la situation professionnelle de la nièce du président — condamnée par contumace à six ans d’emprisonnement —, ne répond pas à l’un des critères du détachement à l’étranger, à savoir une ancienneté d’au moins quatre années et l’accès à une échelle plutôt avancée. Le privilège va durer quatorze ans au lieu des cinq années usuelles pour les cadres bénéficiant de ce statut et la dame va empocher en tout… un milliard 200.000DT.

Trois anciens représentants généraux de Tunisair à Paris se sont présentés devant la Cour : Abdelaziz Jebali, Habib Ben Slama, et Bechir Ben Sassi (2008-2010). Ils ont été auditionnés par le président de la chambre de Tunis, Ridha Yacoub. Tous les trois ont rejeté les chefs d’inculpation retenus contre eux par l’Instance vérité et dignité (IVD), qui a instruit ce dossier, parmi lesquels «l’usage d’un fonctionnaire public de sa qualité et de son poste en vue de réaliser un avantage pour lui ou pour une tierce personne», selon l’article 96 du Code pénal.

Le premier à être appelé à la barre est Abdelaziz Jebali, représentant de Tunisair à Paris de 1993 à 1998. C’est pendant son mandat que Saloua Mlika a été nommée en France.

«Elle a exercé trois à quatre mois, puis elle est tombée enceinte. Une grossesse difficile d’après ses bulletins de santé. Elle a alors demandé un congé de maladie de longue durée. Par la suite, je suis rentré à Tunis après la fin de ma mission à Paris», affirme l’ancien haut cadre aujourd’hui à la retraite.

L’éternelle absente sans motif

Habib Ben Slama dirige la représentation générale de TA à Paris de 2002 à 2008. Il dit avoir appelé, dès sa prise de fonction, le directeur des ressources humaines à Tunis pour dénoncer le cas Mlika. Celui-ci lui aurait conseillé de rédiger un « bulletin de mouvement» — le document à établir pour détecter une absence non justifiée d’un agent.

«J’ai noté dans ce bulletin l’“absence sans motif”, de Saloua Mlika, dont le salaire mensuel à ce moment-là s’élevait à 3 600 euros. Pendant trois mois, je me suis abstenu de lui verser sa paye », soutient Ben Slama.

Mais dans ce bras de fer avec le premier responsable de TA à Paris, la dame finit par avoir gain de cause et ses avantages vont se poursuivre jusqu’à la fin de mission de Ben Slama.

Le haut cadre sera poursuivi par la justice entre 2011 et 2013 et va écoper de 400 jours de prison. Bechir Ben Sassi va succéder à Ben Slama de 2008 à 2010. Selon ses dires devant la chambre spécialisée, il va faire les mêmes tentatives que son prédécesseur refusant de payer la dame et appelant le PDG de la compagnie, Nabil Chattaoui, pour lui demander l’autorisation de suspendre définitivement le salaire de Saloua Mlika. Après avoir consulté le Palais de Carthage et notamment le conseiller économique du Président (Mongi Safra à l’époque), le PDG lui intime l’ordre de continuer à verser la paye de la nièce de Ben Ali. « Son mari est venu me menacer dans mon bureau au moment où j’ai arrêté de régler le salaire de sa femme ».

En 2010, Béchir Ben Sassi est transféré en Suisse où il trouve parmi ses agents une certaine Bessma Mlika, employée fictive, qui reçoit 6000 francs suisses par mois !

L’affaire a été reportée au 3 mai.

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Un commentaire

  1. L'imam Mohamed Mahdia

    14/02/2021 à 08:40

    Le passé depuis l indépendance jusqu’aux nos jours ce pauvre pays a connu des responsables et citoyens honnêtes mais la majorité a épuisé de la GRANDE JARRE min halalek wa haramek …..on a appris à l école l histoire de la Tunisie et ça qu a fait feu Mustafa khaznadar. ……… après 14 janvier 2011 c est très pire qu avant et c est décevant pour ça peuple qui paie toujours LA FACTURE……???

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