Il est vrai que cet espace au doux nom parfumé nous offre ce dont nous avons besoin en ces temps moroses : de la couleur illuminant la grisaille, du rêve contre une triste réalité, de la magie envers la trivialité. Les expositions qui s’y tiennent sont bien davantage que la présentation d’œuvres d’art. Elles créent des univers magiques, des moments de poésie, des échappées oniriques.

La scénographie accompagne les artistes dans les thèmes sur lesquels on leur propose de délirer et, par l’imagination, les détails et la fantaisie, constitue, en elle-même, un travail d’artiste.

On se souvient de la récente exposition consacrée au cirque qui avait permis aux artistes de broder sur leurs souvenirs enfantins, et nous de partager l’émerveillement que susciteront toujours clowns et trapézistes. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, Lamia Ben Ayed a invité, de nouveau, Michela Marherita Sarti à assurer le commissariat de cette nouvelle exposition, une exposition consacrée cette fois-ci à l’un des plus mystérieux et des plus surréalistes des contes d’enfant.

«Alice au Pays des Merveilles», de Lewis Scott, présente, en effet, tous les ingrédients souhaités pour une divagation artistique et fantastique : jeux de miroirs, jeux de cartes, jeux de rôles, labyrinthes, personnages magiques et iconiques du chat, du lapin, du flamant rose, passages de dimensions, poésie hermétique… Les artistes ne s’y sont pas trompés qui, des différentes rives de la Méditerranée où l’imaginaire est souvent le même, ont adhéré au thème. Ils étaient 25 qui, depuis plus de huit mois, se sont prêtés à ce jeu. Peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs, tunisiens, mais aussi algériens, marocains, libanais, italiens, espagnols ont traversé le miroir d’Alice pour nous entraîner dans ce pays des merveilles. «La magie que l’artiste possède est de convertir des histoires en images à travers ses émotions. La vision commence dans l’esprit et le cœur de l’artiste pour ensuite se traduire en œuvre», écrit Michela Margherita Sarti qui a choisi de nommer cette exposition : « It’s only a dream », ce n’est qu’un rêve, permettant aux artistes, mais aussi aux spectateurs, de lâcher les amarres et d’entrer, ne fût-ce qu’un moment, dans un monde enchanté.

Il est difficile de nommer tous les acteurs de ce « rêve » qui nous est offert en un moment où la réalité est si difficile. Mais on peut néanmoins reconnaître que tous ont choisi de sortir de leur zone de confort pour tenter de nouvelles approches, d’emprunter ce parcours magique qui leur était ouvert, et que l’ensemble, en dépit des variétés de techniques, de styles, d’écoles et d’inspirations, réussit une belle cohérence. Celle-ci, il faut également le signaler, est assurée par une étonnante scénographie que signe Lamia Ben Ayed, toute d’imagination, de raffinement, de clins d’œil et de créativité.

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