Etant un atout réel pour les primo-demandeurs d’emploi, les compétences linguistiques sont très sollicitées par les recruteurs. La majorité des entreprises des secteurs de la santé et des TIC exigent, à l’embauche, la maîtrise de la langue française.    

Dans un pays où le secteur tertiaire représente près des deux tiers du PIB et emploie presque la moitié de la population active et où le tourisme occupe une place très importante dans l’économie nationale, avec une contribution au PIB qui avoisine les 13%,  il va de soi que les compétences linguistiques constituent un atout incontestable pour les primo-demandeurs d’emploi, qui souhaitent intégrer le marché du travail. 

La maîtrise des langues, notamment française et anglaise, est une compétence de plus en plus recherchée par les entreprises. Les résultats d’une étude réalisée par l’Iace, au mois de décembre 2020, traitant de l’impact de la crise Covid-19 sur l’emploi et sur l’entrepreneuriat, vont dans le sens de ces affirmations, et révèlent que  les compétences linguistiques sont très sollicitées par les entreprises.

Compétences transversales

Il en ressort que, pratiquement, toutes  les entreprises, quel que soit le secteur dans lequel elles œuvrent,  exigent la maîtrise de la langue française, lors du recrutement: 100% des entreprises du secteur de la santé, 97% dans le secteur des TIC, 83% des entreprises du secteur de l’industrie chimique et pharmaceutique, 72% dans l’industrie textile et 65% dans le secteur du commerce.

Un constat, qui n’est guère surprenant, puisque la France demeure  le premier investisseur étranger en Tunisie, avec un montant qui a atteint en 2020—une année de récession par excellence—un montant  de 462,4 millions de dinars, soit 38% du total des IDE hors énergies. La France est également le premier partenaire commercial de la Tunisie, étant   le pays destinataire de près du tiers des exportations tunisiennes. De surcroît, certains métiers et secteurs requièrent la maîtrise de la langue française, comme c’est le cas pour les centres d’appels ou encore pour les établissements touristiques.  

Or, c’est justement au niveau des compétences transversales, y compris linguistiques,  appelées dans le jargon des entreprises “ les softs skills”  que le  bât  blesse pour ces jeunes demandeurs d’emploi. La faible maîtrise des langues étrangères, ainsi que les lacunes en matière de communication et d’adaptation constituent un obstacle à leur insertion au  marché du travail.  Le rapport sur l’emploi des jeunes en Tunisie,  “L’inventaire de l’emploi des jeunes en Tunisie : trente ans de politiques de l’emploi”, élaboré en 2015 par le Bureau international du travail (BIT), souligne, à cet égard, l’inadéquation entre les profils des demandeurs d’emploi et les compétences recherchées par les entreprises en Tunisie.

Selon le rapport, 40% des recruteurs éprouvent des difficultés à trouver des candidats remplissant les conditions professionnelles requises pour les emplois. A vrai dire, le problème de l’inadéquation entre l’offre et la demande du marché de l’emploi en Tunisie est un secret  de polichinelle. Il est structurel et n’a pas été jusque-là attaqué de front.

C’est d’ailleurs ce que corroborent les résultats de l’étude sur l’emploi qui a été réalisée en 2017 par l’Iace, et qui met  en relief les lacunes des employés en matière  de rédaction de rapports, de projets et d’argumentation, lesquelles lacunes  engendrent un blocage au niveau de l’épanouissement professionnel. 

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