Les entreprises qui ont subi les effets de la pandémie de Covid-19 ont un besoin urgent en ressources financières sous forme de nouveaux crédits, et ce, pour pouvoir préserver les postes d’emploi. C’est que le chômage a gagné de nouvelles proportions suite au licenciement d’un certain nombre d’employés.


Le taux de chômage en Tunisie est passé à 17,4% au quatrième trimestre 2020, contre 16,2% au troisième trimestre de la même année, a indiqué lundi l’Institut national de la statistique dans son dernier rapport d’enquête. A l’origine d’une telle situation, on peut évoquer la fermeture de plusieurs entreprises dans un contexte marqué par la propagation du coronavirus. En effet, plusieurs entreprises n’ont pas pu redresser la barre et ont été obligés  de mettre la clé sous la porte en licenciant leur effectif sous forme d’un chômage technique. D’autres unités de production ont tout simplement choisi d’alléger l’effectif employé afin de réduire la masse salariale. Malgré les aides fournies par l’Etat au profit de ces entreprises, l’arrêt de la production est inévitable en attendant l’amélioration de la situation sanitaire qui a été à l’origine d’une crise aiguë pour le secteur privé. D’ailleurs, certaines mesures, de l’avis des chefs d’entreprise, n’ont pu être concrétisées.

C’est pour cela que l’Etat a réactivé la plateforme relative à la demande d’aides pour sauver les entreprises passant par des difficultés conjoncturelles liées au Covid-19. Ces aides pourraient concerner le rééchelonnement des dettes et l’accès à de nouveaux crédits. Encore faut-il que les banques acceptent d’adhérer à ce programme qui va nécessiter des sommes faramineuses. La BCT a incité, en tout cas, les banques et les institutions financières à participer activement à ce programme en contribuant au financement demandé par les entreprises et en reportant les échéances de paiement à une autre date. Cette dernière mesure a été adoptée à deux reprises par les banques pour alléger le fardeau des unités de production.

Tous les secteurs concernés

A noter que les résultats de l’Enquête nationale sur la population et l’emploi du quatrième trimestre 2020 ont démontré que le nombre de chômeurs a atteint les 725,1 mille chômeurs sur la population active totale contre 676,6 mille chômeurs recensés au troisième trimestre 2020, portant ainsi le taux de chômage à 17,4% au quatrième trimestre 2020, contre 16,2% au troisième trimestre. Une solution urgente devrait être trouvée pour ces chômeurs nouveaux et anciens. Certains diplômés de la formation professionnelle et de l’Université n’ont pas pu dénicher un emploi pendant une longue période. Cet effectif est ajouté aux personnes licenciées, ce qui rend le chiffre des chômeurs avez élevé. Cette situation s’explique aussi par le manque d’investissements aussi bien local qu’étranger. Or, celui qui dit emploi dit forcément investissements qui tardent à venir. Il faut soigner davantage  le climat des affaires pour espérer attirer de nouveaux investissements.

En attendant, le taux de chômage chez les hommes est de 14,4%, enregistrant une augmentation de 0,9 point, alors qu’il est estimé pour les femmes à 24,9%, soit une augmentation de 2,1 points au quatrième trimestre de 2020, apprend-on de même source. Plusieurs femmes opérant dans le secteur industriel et particulièrement dans les usines de textile-habillement ont vu leur contrat prendre fin sans renouvellement pour cause de crise sanitaire et économique. L’Institut national de la statistique a expliqué que le nombre d’employés a aussi baissé pour atteindre les 78,3 mille travailleurs au cours du quatrième trimestre de l’année 2020.

Favoriser l’initiative privée

Parmi les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, on peut relever ceux liés au secteur du tourisme, de l’artisanat et du transport.

Le tourisme dans le monde étant en mode attente, l’émission des touristes est faible, ce qui s’est répercuté sur les activités des différents modes de transport, y compris les bus touristiques. On a noté également la léthargie qui a touché les unités d’hébergement touristiques. Certaines entreprises n’ont pas pu  trouver les fonds nécessaires pour payer les salaires de leurs employés.

D’autres ont puisé dans leurs fonds propres pour honorer leurs engagements envers leur effectif et les fournisseurs. La solution la plus simple consiste, bien entendu, à fermer boutique ou changer de vocation en attendant une  amélioration d’une situation précaire qui a trop duré.

Le secteur de l’artisanat a été également frappé de plein fouet par cette crise inattendue. Délaissé déjà par les jeunes, ce secteur essaye tant bien que mal de résister à la crise. Plusieurs artisans ont invité leurs apprentis à prendre des vacances prolongées, le temps de voir cette crise partir. Il est nécessaire de favoriser l’initiative privée en renforçant les programmes de financement et d’accompagnement des jeunes afin qu’ils créent leurs projets.

Avec l’arrivée des vaccins au cours du mois de mars, on espère une atténuation de la crise qui a touché aussi le secteur industriel avec toutes ses composantes comme les industries du textile-habillement et du cuir et chaussures. La récession de la demande au double niveau local et international a affaibli les ventes, ce qui a eu un impact direct sur le chiffre d’affaires des entreprises.

D’où la nécessité de revoir la stratégie de promotion du secteur industriel en reclassant les priorités d’intervention au niveau national.

Les travailleurs du secteur de l’activité économique sont répartis entre 52,8% dans le secteur des services, 17,9% dans le secteur de l’industrie, 16% dans le secteur non manufacturier et 13,3% dans le secteur de l’agriculture et de la pêche.

Les aides de l’Etat sont nécessaires pour éviter au secteur industriel de fléchir davantage. En effet, le grand problème des entreprises appartenant à ce secteur a trait à l’accès à l’investissement.

Celles-ci ont besoin non seulement d’un report de remboursement des crédits arrivés à échéance mais aussi d’obtenir de nouveaux prêts capables de faire tourner la machine de production. Pour pouvoir maintenir les postes d’emploi, ces entreprises ont besoin d’une nouvelle injection financière rapide et suffisante.

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