Le projet de refonte du système de classement des hôtels tunisiens qui a été lancé en 2018 touche à sa fin. Le ministère de tutelle a validé, hier, les nouveaux critères de notation. Le délai d’exécution du programme de mise à niveau des établissements hôteliers serait de trois ans.


Le département du Tourisme a procédé hier, lors de la sixième réunion du comité de pilotage Copil du projet de «Refonte du système de classement des hôtels tunisiens», les nouveaux critères de notation des établissements hôteliers. Le projet, qui a été lancé officiellement en octobre 2018 et qui a été élaboré dans une démarche participative avec la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH),  vise à améliorer la qualité de l’offre hôtelière. «Avec ce nouveau système de classification, il y aura une véritable adéquation entre le nombre d’étoiles attribuées  et la qualité des services fournis par l’établissement hôtelier. Ce dispositif de critères va donner plus de crédibilité au système de classement des hôtels tunisiens. Il leur évitera  le reclassement, souvent effectué par les tour-opérateurs et qui est vraiment inacceptable», a affirmé le ministre du Tourisme, Habib Ammar, dans une déclaration aux médias,  en marge de la réunion. Il a souligné que le système actuel de classement, qui date de 2005, ne répond plus aux besoins ainsi qu’aux attentes du touriste moderne. «Le système de classement de 2005 est basé sur des critères plutôt matériels comme la superficie de l’établissement  et ne tient pas compte des autres spécificités comme la formation, la qualité des services, le tourisme durable, etc. En somme, il s’agit d’un système obsolète qui n’inclut pas les critères modernes qui constituent le référentiel de toute destination touristique moderne», a-t-il précisé.

Le tourisme durable, la qualité du service, l’hygiène, la sécurité et l’accessibilité aux personnes à besoins spécifiques : nouveaux critères de classement

Il a ajouté que la mise en place du nouveau système de classement devrait s’inscrire  dans une démarche volontariste où  l’administration n’aura  pas un rôle de sanction et où toutes les parties concernées doivent  adhérer aux efforts afin d’améliorer la qualité des services dans le secteur hôtelier et de redorer l’image de la destination Tunisie.

“Durant les dernières années, des tour-opérateurs, des agences de voyages étrangères, des touristes étrangers et même  locaux ont critiqué  la qualité des services fournis par les  hôtels. La notation des établissements hôteliers ne correspond pas, souvent, à la qualité des services. Ce qui est à l’origine de la déception de plusieurs touristes étrangers et locaux”,  a-t-il indiqué dans le même contexte. Par ailleurs, Ammar a affirmé que le délai d’exécution du programme de mise à niveau des établissements serait de trois ans. «Ce délai peut être prorogé, s’il est nécessaire, à condition que les établissements adhèrent au processus de modernisation du tourisme et de l’hôtellerie en Tunisie. Il n’est plus possible de continuer d’investir uniquement dans l’infrastructure, il faut également investir dans l’immatériel, c’est-à-dire le tourisme durable, la qualité de service, l’hygiène et la sécurité ainsi que l’accessibilité aux personnes à besoins spécifiques qui constituent les nouveaux critères de classement. Aujourd’hui, il y a une rude concurrence sur le marché international, il faut s’aligner aux standards internationaux. Notre priorité est de relancer l’activité touristique, mais il s’agit là d’un projet structurant qui va contribuer à restructurer les secteurs hôtelier et touristique, lourdement critiqués ces dernières années», a-t-il souligné.  En outre, le ministre du Tourisme a fait savoir que la communication sur  les avancées réalisées dans  ce projet est  un message aux tour-opérateurs, aux agences de voyages et aux touristes étrangers et locaux que la Tunsie est en train de s’orienter vers une nouvelle politique qui met la qualité de service au cœur des priorités du secteur touristique. Il a rappelé, par ailleurs, qu’une commission interdépartementale se penche actuellement sur la  stratégie de relance du secteur, affirmant que le tourisme intérieur ainsi que le tourisme de voisinage maghrébin seront des éléments clés de ladite stratégie. Le rapport de la commission sera adopté et publié d’ici trois semaines.

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