Encore une fois, les douaniers montent au créneau. Ils ont décidé un débrayage de plusieurs jours qui sera couronné par une journée de colère. Il faut reconnaître que le moral des agents de ce corps qui se battent sur tous les fronts avec un impératif sécuritaire, sanitaire, économique et financier pour protéger le pays, les entreprises et les citoyens est en berne depuis plusieurs années. Et qu’ils ne font que subir des décisions unilatérales à consonance politique telles que la mise à la retraite forcée de plusieurs de leurs collègues ainsi que d’autres pressions qui ne font que fragiliser leur action. Mais, bien qu’ils soient négligés en termes de promotion, de reconnaissance et de valorisation, ils ne cessent de déplorer la mainmise des barons de la contrebande et des hommes politiques influents qui cherchent à couvrir leurs entourloupettes. C’est pourquoi par le biais de ce genre de grève, ils ne font que revendiquer le droit à la protection et réclament aussi l’engagement de plusiques réformes. Il est à noter que l’importance de ce corps en termes de surveillance et de déploiement sur tout le territoire, dans les points névralgiques, dérange aussi bien les terroristes que les contrebandiers qui les prennent souvent pour cibles. La présence de la douane a une place particulière importante et un rôle judicieux pour un pays ouvert en permanence à d’immenses flux de biens et de personnes. Rien que pour le mois de décembre 2020, les opérations de saisie opérées par ce corps ont apporté à l’Etat plus de 40MDT.

Mais pour que les douaniers puissent mener à bien leur mission, d’un bout  à l’autre de la chaîne, il est indispensable que leur protection soit renforcée et que leur situation professionnelle soit revue. Bien que la grève et l’agitation ne soient que les seuls moyens qui leur restent pour ouvrir le débat sur le sujet, à cause de la politique de la sourde oreille que leur opposent les resposables, il n’en demeure pas moins que le moment soit mal choisi. Car l’Etat tire déjà le diable par la queue et ses caisses sont déjà vides. Et que même pour faire valoir leurs droits, ils ne devraient pas paralyser l’activité économique du pays.

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