Il n’y a pas que l’entame réussie du match qui a permis aux Etoilés de remporter le classico. Une bonne gestion de l’effectif, mais aussi une lecture juste du jeu de l’adversaire ont permis à Lassaâd Dridi de gagner son duel contre Mouïne Chaâbani. Ce dernier avait tort de fixer ses choix du départ en ayant en tête le déplacement au Caire.

Etoilés et Espérantistes ont abordé le classico, sachant qu’un gaspillage d’énergie serait non sans conséquences sur leurs matches en déplacement cette semaine pour le compte des compétitions continentales interclubs. L’EST affrontera, demain soir, au Caire, Ezzamalek pour le compte de la 4e journée de la phase des groupes de la Ligue des champions. L’ESS se déplace à Ouagadougou au Burkina Faso pour rencontrer, après-demain, le Salitas FC pour le compte de la 2e journée de la phase des poules de la Coupe de la CAF. C’est dire que les deux protagonistes se sont affrontés, avant-hier, à Hammam-Sousse en ayant les mêmes contraintes. Dans ce contexte tendu à cause d’un calendrier corsé, le classico s’apparentait également à un duel tactique entre deux coaches, Lassaâd Dridi et Mouïne Chaâbani. L’un comme l’autre devaient réaliser un bon résultat au classico avant de s’envoler pour leurs quêtes africaines. A la différence que Dridi a composé son onze de départ avec sa formation-type en récupérant Soulaymane Coulibaly, Wajdi Kechrida et en titularisant Hamza Lahmar, auteur du doublé de la victoire contre les Sénégalais de Jaraâf en milieu de semaine.  Quant à Mouïne Chaâbani, il a chambardé son onze de départ en titularisant Meskini et Ben Hmida respectivement sur les flancs droit et gauche de la défense. Ben Mustapha a repris son poste de gardien, alors que lors du match précédent, Ben Chérifia était titulaire. Dans l’axe central, Chammam a été associé à Badrane, alors que lors de la sortie précédente, il était aux côtés de Yaâkoubi. Faire tourner son effectif, particulièrement quand on dispose d’un groupe aussi bien garni que celui de l’EST, est une bonne, voire une excellente approche. Mais pas de cette façon et non pas lors des matches chocs.

Lahmar plus décisif que jamais !

Analysons d’abord l’approche tactique qui a permis à l’Etoile de remporter le classico. Pour le deuxième match d’affilée, Hamza Lahmar a été décisif. Auteur du doublé de la victoire contre les Sénégalais de Jaraâf lors de la 1ère journée de la Coupe de la CAF au milieu de la semaine dernière, Lahmar, incorporé en cours de jeu lors de cette rencontre, a été titularisé par son entraîneur lors du classico de samedi. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Hamza Lahmar a été l’auteur des passes décisives qui ont conduit aux deux buts de la victoire contre l’EST. A chaque fois, il a été l’auteur d’un coup franc direct bien botté au point que la balle est parvenue avec une telle précision que Sfaxi (4e) et Ben Ouannès (51e) n’avaient qu’ à pointer la tête pour reprendre directement dans les filets de Ben Mustapha.

Et si Hamza Lahmar a été incontestablement l’homme du match aussi bien contre Jaraâf que devant l’EST, c’est grâce à la discipline imposée par Lassaâd Dridi qui n’a pas hésité au tout début de son mandat à la tête de l’équipe d’écarter ce joueur-cadre quand il avait refusé d’appliquer les consignes tactiques. Un message de fermeté que Hamza Lahmar a fini par comprendre, en se mettant dans les rangs. Les autres joueurs-cadres ont compris à leur tour que, pour faire partie des plans de jeu de Lassaâd Dridi, deux conditions sont à remplir : la discipline et l’application tactique. Outre la titularisation de Lahmar, le coach étoilé a, comme nous l’avions indiqué, composé son onze de départ avec les éléments les plus en forme. Il a été récompensé par une entame de match réussie et pas seulement. Il a profité de la supériorité numérique suite à l’expulsion de Khalil Chammam à la 41e pour donner le coup de massue au tout début de la deuxième période de jeu avec un Hamza Lahmar aussi imparable et un Mortadha Ben Ouannès aussi opportuniste que perspicace. Par la suite, il fallait gérer la suite des débats en préservant l’avantage au score, mais aussi en pensant au déplacement à Ouagadougou en faisant entrer les joueurs qui manquent de temps de jeu, à l’instar du revenant de blessure, Mohamed Amine Ben Amor.  Bref, le coaching réussi de Lassaâd Dridi a fait toute la différence lors du classico de samedi au point que lui et son staff voient désormais leurs ambitions à la hausse : «L’entame réussie du match et l’expulsion de Khalil Chammam nous ont facilité la tâche, outre le fait que nous avons bien étudié le jeu de l’adversaire. Nous avons bien profité de notre supériorité numérique pour signer le but assassin par le biais de Ben Ouannès. Il fallait gérer la suite des débats. Grâce aux trois points de la victoire, nous avons réduit à 7 points l’écart qui nous sépare du leader. Nous sommes plus que jamais concernés par la course au titre», a indiqué l’entraîneur adjoint au Micro d’Al Kass, Ikbal Rouatbi.

Ben Mustapha : une erreur monumentale !

Samedi, le gardien de but «sang et or» a encore fait une gaffe qui lui a coûté un but. Une mauvaise sortie à la rencontre de l’attaquant étoilé, Soulaymane Coulibaly. Ce dernier, plus rapide, a piqué la balle de la tête pour servir Sfaxi qui n’avait que terminer le travail. Sans compter que le portier espérantiste n’a pas su, dès le départ, placer ses défenseurs avant que Lahmar ne tire son coup franc. Un but encaissé tôt qui a eu son impact sur le reste des débats. A noter que Ben Mustapha a évité un but lorsque le tir puissant de Kayramani s’écrasa sur la transversale (21’). Le joueur étoilé s’est trouvé seul face au portier « sang et or », hors de tout contrôle. C’est dire que la note aurait pu être plus salée. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le capitaine de l’équipe Khalil Chammam s’est fait expulser. Une expulsion sévère !

Mais au-delà de l’expulsion de Chammam, la responsabilité de la défaite au classico de samedi ne peut être incombée qu’au coach «sang et or». Il a préparé l’explication contre l’ESS en pensant à celle de demain face à Ezzamalek. Outre les changements opérés dans la défense, il aurait dû ménager Anis Badri, dont la baisse de forme sautait aux yeux. Mouïne Chaâbani a cherché à se rattraper par la suite, en incorporant les joueurs qu’il aurait dû titulariser, à savoir Ben Romdhane, El Houni et Togui. C’était trop tard. L’Etoile avait déjà pris le large. Bref, le coach «sang et or» n’a pas préparé comme il se doit le classico. Il avait la tête ailleurs… au Caire… De plus, le chambardement du onze de départ a influé négativement sur le rendement collectif. 

 

Ph. Mokhtar HMIMA
Charger plus d'articles
Charger plus par Walid NALOUTI
Charger plus dans Sport

Laisser un commentaire