Le débat est reparti sur le rétablissement de cet examen sous sa forme obligatoire

Le concours de «Sixième» ne cesse de susciter les débats et d’alimenter une polémique, souvent, stérile. Car, pour beaucoup, la suppression de cette importante étape d’évaluation était, tout simplement, une faute aux conséquences catastrophiques. Il suffit de voir la dégringolade irréversible du niveau de nos élèves depuis les années 2000.

Il est vrai que cette situation n’est pas, uniquement, imputable à ce seul critère. D’autres mesures malvenues ont contribué à aggraver les contre-performances de notre système éducatif.

Néanmoins, on constate, aujourd’hui, que le débat repart, de nouveau, sur le rétablissement de cet examen sous sa forme obligatoire. Celle que tout le monde a connu depuis l’Indépendance. C’est-à-dire, cet examen qui donnait accès, à l’époque, à l’enseignement secondaire (ancien régime). Pour les parents, c’était un moment très attendu qui couronnait tout un parcours et, par conséquent, jouissait d’une aura particulière. En l’éliminant, on a rompu, brutalement, avec une tradition bien ancrée depuis plus d’un demi-siècle.

De ce fait, on a bousculé des habitudes et on a banalisé à l’extrême ce moment privilégié, presque sacré.

Si on revient, avec force, sur ce sujet et qu’on insiste sur le fait de replacer cette étape du parcours scolaire au-devant de la scène, c’est, indubitablement, par souci de rehausser le niveau de l’enseignement et d’améliorer son rendement.

Enseignement à deux vitesses

N’oublions pas que les effectifs à ce niveau sont toujours au-dessus de 160.000 élèves. Les formes actuelles d’évaluation n’ont plus ce côté attractif et motivant qu’on pouvait ressentir lorsqu’on pensait qu’il y avait un véritable enjeu. Malheureusement, ce n’est plus le cas, actuellement. Les deux formes d’examen proposées ne créent pas chez l’élève cette envie de compétition et d’émulation. En effet, l’aspect facultatif du concours d’accès aux collèges pilotes a été vidé de sa consistance d’autant qu’il crée un enseignement à deux vitesses. Le premier est celui réservé à une catégorie d’élèves qui subissent des épreuves qui leur permettent de passer dans le second degré de l’enseignement de base. Pour leur part, les élèves qui veulent aller dans un établissement pilote doivent, en plus, subir une deuxième évaluation. C’est un non-sens. N’aurait-il pas fallu trouver une formule unique pour tous les élèves sans créer cette discrimination entre ceux qui veulent passer d’un niveau à l’autre ou d’un établissement ordinaire à un établissement pilote ? C’est ce qui devrait poser la question de l’existence même de ce concours d’admission dans les collèges pilotes lorsqu’on optera pour une formule obligatoire de l’examen de «Sixième». Comment composera-t-on avec un examen ordinaire et un concours national ?

C’est à cela que le débat sérieux devrait répondre. 

On pourrait, aussi, s’interroger sur l’existence même du concours de «Sixième». Devrait-on le garder et, par voie de corollaire, les collèges pilotes ou ne garder que le concours de «Neuvième»  sous une forme réaménagée ?

De nombreuses questions peuvent être posées avant d’aborder un vrai tournant. Car, il nous semble que le nouveau départ sera plus profitable et ne manquera pas d’apporter son «plus».

Pour l’heure, c’est un autre débat qui est engagé et qui divise les intervenants. Il s’agit du déroulement des épreuves des classes de sixième année primaire et leur correction. L’idée, au début, consistait à ce que les élèves passent les différentes épreuves dans leur établissement d’origine mais la correction des copies se ferait par d’autres enseignants. Un traitement particulier a été réservé aux établissements privés. En tout cas, la Fédération générale de l’enseignement primaire a tenu à conserver l’ancienne méthode qui consiste à élaborer les épreuves sous la supervision des enseignants en charge. La correction, elle aussi, se fera par les mêmes enseignants. La Fédération a, même, demandé aux directeurs des établissements primaires de réunir les enseignants et de s’en tenir à ces consignes passant outre les dispositions prônées par le Ministère.

Les représentants des établissements privés ont, également, désapprouvé les nouvelles directives ministérielles.

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