Les médias nationaux et internationaux ont beau rapporter une image de débats sains et de quiétude idéalisée au niveau des tractations politiques préparant la bataille électorale de 2019 qui présagerait une bonne finalisation de notre transition démocratique, le fait est que l’arbre du foisonnement discursif et de la rhétorique cache mal la complexité de la situation sur le terrain.

Car s’il est vrai que cette première expérience démocratique républicaine du monde arabe réussit à défaire les embûches, l’une après l’autre, sur le plan institutionnel, la perspective d’un prochain mandat électif ordinaire attise toutes les craintes et extrapole autant les ambitions que les perspectives d’hégémonie. Surtout entre islamistes et centristes modernistes.

A l’heure où la question d’un  renouvellement du mandat présidentiel en faveur de Béji Caïd Essebsi semble «définitivement écartée», la bataille des ego au sein du vaste rassemblement  des nidaïstes historiques ayant remporté,  sous la conduite de Béji Caïd Essebsi, les législatives de 2014 fait désormais rage, à travers des ricochets se répercutant sur les miroirs où l’on fait mine de viser les adversaires les plus conventionnels : les islamistes.

D’où cette incapacité renouvelée des destouriens à s’allier solidement entre eux et cette danse de rapprochement-répulsion entre les différents groupes de nidaïstes sous l’œil «hautement bienveillant» des chancelleries internationales.

Au lendemain de la révolution, les élections de 2011 avaient montré une grande affluence de la gauche radicale — voire révolutionnaire — qui a dû s’allier à des hordes d’islamistes venues de toutes parts porteuses de convictions maximalistes et de projets qui n’avaient pas cours en Tunisie de sorte que face à eux, les courants civils de toutes parts se sont écrasés.

En 2014, le réveil de centristes-progressistes ainsi que des anti-islamistes autour du leadership de Béji Caïd Essebsi allait consacrer la victoire incontestable de Nida Tounès sur la scène politique post-révolutionnaire.

Aujourd’hui, après une autodestruction volontaire et incompréhensible de Nida, pierre par pierre, ses militants et cadres, trop nombreux et trop prétentieux, misent de nouveau sur une propulsion en haut des sondages qui tarde à se concrétiser.

 Car le cas Hafedh Caïd Essebsi et le départ conséquent auquel s’est astreint le chef de l’Etat ont donné lieu à une désarticulation qui pulvérise les modernistes en plusieurs entités de petits groupes devenus rivaux, dans le désordre, autour de Béji Caïd Essebsi et Youssef Chahed.

Mais cette situation profite-t-elle vraiment aux islamistes?  Que ce soit dans la perspective d’une réédition du consensus national ou d’une confrontation de fond projet contre projet? Rien n’est moins sûr.

 Dans l’attente, à moins de cinq mois du jour J, tout le monde attend, y compris l’opinion…

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