Marouane El Abassi, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie

« L’activité bancaire a évolué durant l’année 2019, dans un contexte marqué, d’une part, par la poursuite du ralentissement de la croissance économique et, d’autre part, par le resserrement de la politique monétaire combiné à l’activation de l’instrument macro-prudentiel «crédit-dépôts». L’effet conjugué de ces facteurs s’est traduit par une rationalisation de l’activité de crédit avec une évolution de 3,6 % et une meilleure maîtrise du risque de transformation impulsée par une reprise de la progression des dépôts en dinars de 11,7 %. Corrélativement, les pressions sur la liquidité des banques se sont nettement atténuées en 2019 comparativement à fin 2018, comme en témoigne la baisse remarquable du recours au refinancement sur le marché monétaire de 24%… La crise sanitaire liée à la Covid-19 a constitué une épreuve réelle de stress qui a touché de plein fouet quasiment l’ensemble des secteurs économiques en 2020. Les banques et les établissements financiers ont fait preuve de résilience opérationnelle grâce à leurs plans de continuité d’activité et ont assuré la continuité de leurs services aux entreprises et aux ménages. Dans ce contexte, la BCT a réagi de manière proactive et énergique dès le début de la crise, en mettant en place un ensemble de mesures d’ordre monétaire, économique et prudentiel, qui visent à appuyer l’action du Gouvernement dans sa lutte contre cette pandémie, à circonscrire la portée de la crise sur l’activité économique et à préserver la stabilité financière… La BCT, en tant que garant de la stabilité du secteur bancaire, œuvrera d’une manière proactive pour prendre toute mesure nécessaire afin d’assurer l’équilibre entre les deux objectifs antagonistes, à savoir la préservation du tissu économique, tout en garantissant la solidité financière du secteur bancaire ».

Zhang Jianguo, ambassadeur de Chine en Tunisie

«Je pense aujourd’hui que nous avons une confiance politique de haut niveau entre les deux pays, mais les relations économiques n’ont pas encore atteint ce niveau, et c’est pourquoi nous devons travailler davantage à ce niveau. Les autorités chinoises ont signé plus de 12 initiatives afin de faire livrer des équipements à la Tunisie dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Nous avons des accords commerciaux bilatéraux. La Chine est devenue depuis des années un partenaire-clé de la Tunisie au niveau commercial. La Tunisie doit améliorer sa balance commerciale, notamment au niveau des industries alimentaires, chose à laquelle la Chine contribuera à travers une série de réunions visant à acheter de l’huile d’olive, par exemple. Le tourisme est également un facteur important pour améliorer le déficit budgétaire. Il y a eu une évolution importante du nombre de touristes chinois arrivant en Tunisie depuis 2017, en raison des facilités de visa, et en 2019, il y a un peu moins de 30.000 chinois qui ont visité la Tunisie. S’il n’y avait pas eu la pandémie de coronavirus, il y aurait eu 50.000 touristes chinois. Avec plus de contrôle sur l’épidémie, le tourisme chinois peut revenir en Tunisie. Les autorités devraient mettre en place une ligne directe entre la Tunisie et l’une des grandes villes chinoises, et, peut-être,  une équipe qui parle chinois, et offrir des opportunités aux restaurants chinois. Ce qui empêche les investisseurs chinois de venir en Tunisie, c’est que le marché tunisien est petit, et ne dépasse pas les 12 millions d’habitants, d’abord. Ensuite, il y a une banque chinoise qui est prête à financer plusieurs projets en Tunisie, mais selon la loi tunisienne, ils doivent passer par une offre internationale, ce qui n’est pas conforme aux aspirations des investisseurs chinois ».

Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale de la région Mena

« Il a été mis à la disposition de la Tunisie un montant de 5 milliards et 200 millions d’euros, mais la Tunisie ne l’exploite pas, et ces fonds sont estimés à 15% du PIB et provenant de la Banque mondiale, ainsi que de l’Union européenne. Ce qui se passe dans la région n’est pas satisfaisant, car nous remarquons une accumulation de problèmes, en plus des interactions au niveau politique et des problèmes économiques. S’y ajoute la récente notation de Moody’s, qui a beaucoup effrayé, même si elle était attendue. Les chiffres indiquent que 21% des citoyens tunisiens se retrouvent sous le seuil de l’extrême pauvreté, un taux qui n’a pas été enregistré depuis l’Indépendance. J’ai contacté le ministre de l’économie et des finances, M.Ali Kooli, et je lui ai dit que la Banque mondiale était prête à aider de toute urgence. Nous avons convenu de nous préparer pour ce programme, dont nous avons terminé les négociations récemment. Le conseil d’administration de la Banque mondiale se tiendra le 31 mars dans le cadre de ce programme. La Banque mondiale tient à ce que le financement du programme soit décaissé avant le mois de Ramadan. Il est question d’une enveloppe de 300 millions de dollars qui seront injectés dans l’économie en général, de manière à ce qu’un montant de 300 dinars soit alloué à chaque famille en particulier, fixant le total des bénéficiaires à 4 ou 5 millions de citoyens ».

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