Le débat au sein du public de la sélection nationale (un public qui a évolué ces dernières 20 années) est aujourd’hui autour de la personne de Mondher Kebaïer.

De l’ambivalence même à l’égard de cet entraîneur diplômé, bien garni en connaissances, mais qui n’a pas réussi dans les clubs et qui ne fait pas l’unanimité. On est satisfait, si on se fie aux résultats et aux «stats», mais en même temps inquiet et frileux quant à la qualité du jeu et à la solidité de l’équipe. Les deux versions cohabitent et poussent n’importe quel averti à se poser des questions sur le casting, les changements et la manière dont Mondher Kebaïer a géré cette qualification à la CAN. Sur le plan comptable, rien à reprocher à Mondher Kebaïer: Il a réussi 16 points sur 18, il s’est qualifié sans bavure à la CAN.

Les «stats» plaident donc en sa faveur sachant que d’autres sélections mieux nanties ont éprouvé assez de peine pour dominer leurs groupes. Mais en même temps, avec cet effectif riche, respectable (mais nullement extraordinaire pour ne pas se tromper de valeur) et assez cohérent (l’ossature existe depuis les temps de Maâloul, Benzarti et Giresse), Kebaïer n’a pas apporté une touche de qualité. Il tergiverse sur les choix, il hésite souvent et cède à la pression des anciens qui dirigent les vestiaires. Kebaïer n’a pas, jusque-là et avant même les  choses sérieuses, résolu le casse-tête défensif. Nous ne sommes pas assez compacts derrière. L’entrejeu garni en joueurs de qualité, à l’image du baroudeur Skhiri, ne prête pas main-forte à la défense. Notre équipe n’effraye pas ses adversaires, au contraire, elle les «snobe» (première mi-temps contre la Libye), elle les aide en fin de match (Guinée équatoriale). Kebaïer a-t-il assez de vista, de personnalité et d’art de coacher pour réussir la qualification au Mondial? Le doute s’installe et les «stats» seules ne veulent rien dire quand ce doute prend de l’ampleur. Est-on en train de léser Kebaïer et de lui chercher la petite bête comme le disent ses défenseurs? En football, rien d’absolu, tout obéit à la relativité : Kebaïer ne fait pas les choses comme il faut comme cette insoutenable indifférence envers Tounekti, un jeune talent auquel le sélectionneur n’a pas voulu accorder la moindre minute, alors qu’il continue de croire en des joueurs finis. Cette équipe de Tunisie ne rassure pas en dépit de ses chiffres éloquents. Finalement, on n’a pas encore croisé les titans de l’Afrique. Vaut mieux prévenir avant que le mal ne survienne. Wadï El Jary a des plans et des scénarios en tête sûrement.

Charger plus d'articles
Charger plus par Rafik EL HERGUEM
Charger plus dans Sport

Laisser un commentaire